5c03c57268b2c1e6518b46c4L’année 2018 allait être celle de la commémoration ratatinée de celle de 1968. Pour lesquelles les évènements sociaux de l’une comme de l’autre étaient improbables.

Ce qui interpelle l’observateur attentif de ce « Décembre 2018″, appelé des « Gilets jaunes », ce sont les lieux géographiques choisis par ces péri-urbains et ruraux en voie de non-reconnaissance sociale, de relégation géographique et technologique. « Descendre dans la rue » ou « Occuper les usines », pour eux ce sont sans discontinuer les ronds-points et carrefours aux entrées de ville ou autres endroits routiers stratégiques avec l’idée de bloquer les flux, tous ces Non-lieux qui désormais accueilleront la contestation.

Mais cette année-ci la colère sociale des émeutiers au fort ancrage rural, s’est déplacée au centre même des grandes métropoles. Avec la convergence vers Paris de gens venant de partout.

De plus, jamais dans l’histoire insurrectionnelle du pays, les émeutiers avaient fait entendre l’insurrection des discours – du latin discurrere, « courir çà et là »- locaux au sein même de quartiers bourgeois, comme le note Eric Hazan, auteur d’un livre de référence sur l’histoire des révoltes parisiennes.

Pour lui « C’est une émeute qui s’en est prise aux beaux quartiers et c’est, là aussi, une nouveauté. Je ne vois pas de précédent où il se soit passé des choses de type insurrectionnel avenue Foch ou avenue de Friedland. » A lire ici.

Ajoutons que tout cela s’articule dans un contexte généralisé de réappropriation capitaliste de ces métropoles et de transformations de celles-ci en pur produit de et pour la consommation. Devenues elles-mêmes ces Non-lieux de la globalisation généralisée des modes de vie et de la violence néolibérale.

D.D

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ruCe qui a été dit et écrit ici-même autour des Non-lieux. Ainsi qu’autour de 68.