Capture d’écran 2018-04-25 à 07.46.31Hommage vibrant aux musiques de l’exil lors de l’édition 2018 de “La Folle journée” de Nantes. En y faisant résonner Rachmaninov, Dvorák et Verdi, les musiques klezmer, en passant par les chants du blues venu d’Afrique.

Son thème était on ne peut plus d’actualité: « Vers un monde nouveau« . Avec en sous-titre « Exil subi ou choisi, douloureux et parfois “heureux”: nombreux sont les compositeurs ayant quitté leur pays, fuyant la censure ou les persécutions, ou partant tenter leur chance à l’étranger, dès l’époque baroque ».

On connait l’aphorisme de Nietzsche: « Sans musique la vie serait une erreur » – dans Crépuscule des idoles, Maximes et pointes. Problème, il est tiré d’une phrase plus complète: « Sans la musique, la vie serait une erreur, une besogne éreintante, un exil », écrivait en 1888 le philosophe allemand. Aïe! Que serait alors la musique composée dans le déchirement de l’exil…? Sinon, encore plus de musique. Eternellement recommencée. Puisqu’elle regorge de ressources, elles foisonnent à cheval entre les cultures. D’ailleurs, nous sommes là quotidiennement pour le faire entendre, comme vous le savez.

Résumer Nietzsche relève du pari stupide. Supposons alors qu’il ait voulu dire qu’il n’y a pas d’humanité sans musique. Ce qui est préférable à toute autre version. Par conséquent, dans l’hypothèse qu’il y ait encore plus de musique puisque plus d’exilés, osons cette promesse: de fil en aiguille, et de surcroît, s’attendre à plus d’humanité. Conclusion hautement souhaitable.

Les premiers instruments de musique remontent au moins à 35 000 ans mais, paraît-il, la pratique de la musique est sans doute beaucoup plus ancienne. Partout sur la planète, la musique est toujours présente. En toutes époques, communautés, cultures, civilisations, etc., la musique exprime en un langage universel, ce vouloir-vivre, cette force vitale, la vie tout simplement mais de mille manières, de mille sons. Comme d’éclats soudain des visages, des mélodies qui s’infléchissent jusqu’à se transformer en des soupirs d’admiration, ou bien encore qui ajoutent une touche sentimentale à l’allégresse ambiante.

Bref, de mille rythmes joyeusement solidaires en dansant et en se balançant, rimes pour rêver plus loin, et mélodies vivifiantes qui souvent inclinent à l’action quand les musiciens abondent. A l’exemple du Rébétiko, musique d’exil s’il en est – à lire ici. De ce point de vue, parions-le, grâce à ses oreilles c’est justement ce qu’attend aussi de nos jours l’humanité sacrément malmenée !

Accessoirement, retournons l’aphorisme: est-ce à dire dans le même temps qu’un exil est assimilable à « une erreur, une besogne éreintante » ? Là au moins où cela n’occasionnait pas de désastres… chez les grands compositeurs de musique classique !

A bien écouter, à défaut de telle ou telle anecdote « vraiment vécue », sans détails, gageons qu’une partie de la réponse à cette question se niche dans ce reportage d’Eléoan David qui, pour Radio Univers, est allé à la rencontre de musicologues pour nous parler, à l’occasion de la Folle journée, de cette thématique Exil & Musique:

-avec Denis Huneau-Laetitia Legay, à écouter ici:

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-avec Denis Huneau-Marianne Vourch, à écouter ici:

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D.D

ruCe qui a été dit et écrit ici-même autour de l’ exil.