direct-1er-mai-rennes-les-syndicats-annoncent-5-000-manifestants_0Souvent / parfois je me parle tout seul, d’une idée à l’autre, comme ce jour, en surplomb de ce dernier débat d’entre-deux-tours où le moindre faux pas faux mot d’un des deux candidats sur le plateau télé pourrait faire redresser la guillotine, où je dois me clouer à ma chaise pour admirer quand même cette parfaite banale réussite.

Car en face à face s’exposent deux candidats-miroirs ! Parfaits reflets des médias – classiques.

D’un côté,
le reflet conforme sur candidat-miroir, de tout ce qui a été servi au goutte à goutte au fil du temps pour se focaliser sur la violence, les attentats, les crimes, etc., de tout ce qui génère un sentiment de peur.

De l’autre,
le reflet conforme sur l’autre candidat-miroir, de tout ce qui a été servi pareillement au goutte à goutte au fil du temps pour s’en prendre aux services publics, à la sécurité sociale, aux acquis sociaux « dépassés ».

Jeux de mains, jeux de vilains dans l’apologie incessant du néolibéralisme qui, sur la même longueur d’ondes, rappelle à qui veut l’entendre qu’on n’entre plus dans le monde du travail pour y trouver un refuge jusqu’à la retraite, qu’il va falloir changer tout le temps de rythme et d’activité, présent mais précaire au gré des profits pour actionnaires d’esprits mécaniques.

Et jeux de bouches pour des médias qui ont en prime time tout ce qu’ils n’osaient ouvertement espérer.

Quant aux mots, compter sur ces mêmes médias, juste assez pour qu’ils ne veulent plus rien dire, à force de vouloir tout dire pour avoir été mis à toutes les sauces.

C’est aussi ainsi qu’au cours de la parlotte électorale pas mal de mots disparaissent comme culture, climat, égalité, générosité, hospitalité…

Me reste cependant cet élan de préchi-précher, debout sur ma chaise, à qui veut l’entendre chez les velléitaires : le 7 mai il faudra aller voter contre l’extrême droite, pas le choix. On ne joue pas avec le risque fasciste.

D.D