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Mai-Septembre, l’été de la Libération. N°1253

Écrit par sur 20 mai 2026

Char américain de la 6ème Division Blindée du Général Grow, qui est passé le 1/2 Août 44 à Cuguen puis Combourg – d’où cette photo, rue Chateaubriand-, et avancera à travers la Bretagne jusqu’à Brest où il arrivera le 7/8 Août. (Photo tirée des Archives municipales de Brest).

Ci-dessus: extrait cartographique d’une double-page titrée « Mai-Septembre, l’été de la Libération. » de la revue VOIR n°13 – Images du monde d’aujourd’hui. Publié chaque quinzaine par le Ministère américain de l’information. (Archive perso).

C’est difficile 82 ans après d’imaginer les sens, les émotions et l’effervescence populaire de ce moment de libération. C’est le retour de la musique et des bals populaires, de la liberté retrouvée dans les rues. Et les corps qui se délient après des années sombres d’occupation. Les citoyens anonymes réapprendront à vivre ensemble, à partager et à reconstruire leur quotidien.

L’exigence d’être utile à la conservation de cette mémoire amène La Chronique d’ici-même à se poser la question du bon et du moins bon usage de la commémoration. Du moins sur la manière dont la société française utilise la mémoire de la guerre, du Débarquement et de la Résistance.

Après 1945, cette mémoire a eu un rôle politique majeur, elle a servi de « ciment social  » pour réunir le Français qui s’étaient déchirés, dénoncés, etc.

Célébrer non pas les grands stratèges, mais le courage anonyme des citoyens ordinaires, des résistants de l’ombre, des actes de résistance et des civils qui ont traverser la guerre, apparaîtrait plus juste. En veillant à ces traces discrètes que l’on a autour de soi, ou à pratiquer le chemin sympathique qui va d’une bouche à une oreille pour en témoigner quand la mémoire vibre. Portée est-elle par ce besoin de faire le lien avec ceux qui suivent de ce qui, l’ayant soi-même reçu, continue à nous habiter.

Mais qu’est-ce qui, de ceux-ci, existe quand ces commémorations du Débarquement et de la Résistance sont confisquées par ce qu’on peut appeler une dérive qui lisse l’Histoire. Par un blanchiment général sous la forme de l’Histoire-spectacle ou kermesse folklorique ? Bref, quand le divertissement prend la place sur la transmission de la douleur et de la délivrance réelles qu’ont été la guerre et la Libération. Car en voici une peu glorieuse illustration combourgeoise, ici.

A l’inverse, ne faudrait-il pas commémorer… le pire ? A savoir ce qui est produit à cause de nos propres silences et lâchetés collectives ? L’actualité brûlante du génocide en cours ne nous le rappelle-t-elle pas ?

Qu’est-ce qui, de tous ces Actes de Résistance, subsiste si ce n’est dans une prise de conscience qui s’incarne au quotidien, dans les luttes modestes pour rester digne de ce que l’on prétend honorer ?

Il suffit pour s’en convaincre de voir que notre paysage mental vit les derniers moments de l’héritage de la seconde guerre mondiale, … Gare alors au grand retournement !

Puisque venant de ceux-là qui sont à deux doigts de prendre le pouvoir, la menace est limpide. A grands pas, la mécanique de perversion redoutable avance publiquement. Dans une version fascisée du « temps de cerveau disponible » – lire ici.

D.D.

Ce qui a été dit et écrit ici-même autour de ‘Il y a des choses NON. »

 

 

 


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