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Belle année 2013 ! N°561

Écrit par sur 2 janvier 2013

Bloavezh mat / Belle année 2013 ! Bonne année encore, y a pas de raison que ça s’arrête.

« Du déficit en général.
Comme tous les malheureux téléspectateurs, auditeurs et lecteurs, vous n’avez pas pu échapper à la nouvelle scie, nous n’avez pas pu ne pas tomber sur le mot déficit. Il y a bien sûr du déficit budgétaire; c’est bien le moins, puisque selon le Robert, le déficit est « ce qui manque pour équilibrer les recettes avec les dépenses ».
Que de cette sphère comptable le déficit émigre dans la région sociale et devienne « déficit social », c’est plus difficile à concevoir. Car si on voit bien ce qui peut être dépensé socialement -à la vérité tout, dès lors que les hommes s’instituent en société- on a plus de mal à identifier en quoi pourrait consister des « recettes sociales ». Pas des impôts ou autres taxes, puisque cela concerne le budgétaire. Alors quoi? Des dividendes de sociabilité ou des points gagnés au hit-parade de l’urbanité? Mais qui empoche les gains? Les habitants ou les établissements publics, les citoyens ou ceux qui les représentent? Quant au « déficit démocratique », souvent cité, la chose évoquée par ce vocable reste totalement énigmatique. Quid des dépenses et des recettes démocratiques? Une forte participation du corps électoral aux élections donnerait-elle par hasard un surcroît de richesse? Ou bien faudrait-il payer son ticket d’entrée pour participer au débat public, comme on paye sa redevance pour recevoir les images de télévision? Ces questions paraissent d’une simplicité biblique comparées à celles qui ne manquent pas de surgir dès lors que surviennent ces objets non identifiés: déficit moral, déficit religieux, déficit métaphysique, etc. Mais au fait, l’inflation du « déficit » ne serait-elle pas l’indice du manque de citoyenneté dans notre cher et vieux pays? »

Jean-Paul Dollé. Légende du siècle. 08 avril 1992-n°2.

Voyez je n’arrête pas d’exhumer ces beaux textes qui datent. Qui datent de vieux. Vingt ans passés! Si l’on se réfère à leur couleur de chemise, paraissent un poil anachroniques. Et ce ne serait qu’à moitié grave si leur auteur était encore de la revue. Rien déniché d’aussi actuel. Si l’on s’en réfère à ce qu’on entend, ces jours-ci, dans l’euphorie générale de la nouvelle année. Sommes pétrifiés par l’hyper-inflation du « déficit ». Du coup, ça donne l’impression que le temps s’est cassé. Nous a laissé en plan. Sur le bas côté. Quand le langage usé tourne en rond. Comme toupie sur le destin.

Allez! Bonne année 2013! On remet ça. Histoire de ne pas perdre la main. S’il en reste encore quelque chose.

D.D


Les opinions du lecteur
  1. françoise   Sur   3 janvier 2013 à 7 h 58 min

    …déficit comptable, déficit social, « déficit » :issu du latin : deficit, « il manque » et qui, localement, s’exprime dans les boutiques par le « manque à gagner »…ah le mankagagner…quelle belle formule!

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