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« Bon français ». N°445.

Écrit par sur 30 septembre 2010

Etes-vous un « bon français » version Besson? Le ministre affirme sa volonté de faire du ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale une « usine à production de bons français » (voir vidéo). Du coup qu’est-ce qu’un « bon français »…selon la Police? Prenons un postulat. Le vrai Français se distingue par la culture, dit-on.

1) Je vais donc parler peinture. Et de musée. Il y a quelques semaines de ça l’actualité m’avait détourné du propos que je m’apprêtais à tenir au sujet des toiles que j’ai adorées de Bruegel l’ancien, peintre flamand vues à Munich (ville allemande qui cultive une douceur de vivre, dont profitent entre autres les cyclistes). Bon , pas seulement, j’y ai aimé voir aussi Rubens natif de Westphalie et Dürer de Nuremberg.

Mais bon, Bruegel « attaché au concept humaniste de la Renaissance, telle une méditation sur la destinée humaine, Bruegel place l’homme au cœur de l’univers. » c’est entre le grotesque et l’humain. Voilà ce que diront les commentateurs agréés (critiques d’art). Commentaire un poil redondant. Bien sûr en parcourant l’internet, j’ai lu ces propos meilleurs au sujet de ce peintre humaniste venant d’artistes contemporains, des gens de théâtre ou danseurs: « Dans la Flandre du 16ème siècle, Pieter Bruegel l’Ancien peignait cette confrontation du mythologique au quotidien, imposant à travers son point de vue un autre rapport à l’Histoire, plus proche de l’histoire individuelle des êtres. » et aussi ça : « Des êtres dont la quête éperdue d’une impossible normalité pose au moins une question : « Et si cet autre, si lointain, si “largué”, c’était moi ? ». C’est vrai que dans ces tableaux il y en a qui brinquebalent vers le haut, qui ont des drôles de jambes, qui gesticulent par le bas, ça paraît fou, déjanté, et si parfaitement humain…bref, la vie quoi ! Et la vie suit son cours.

2) Je vais aussi parler musique et chanson. Accroché à mon passé, à mon terroir! Et donc de ce chanteur et guitariste de folk canadien Neil Young. Vieux souvenir. Dans la première moitié des années 70, (1972?) nous allions souvent dans une pizzeria aux assiettes empoussiérées qui se tenait Place du Champ Clos à Dinan. J’y découvrais la cuisine italienne! En ces années-là les pizzas ne se déplaçaient pas en scooter! Je ne me souviens pas d’y avoir entendu autre chose que Neil Young, c’était bien. Les titres de l’époque ? Heart Of Gold, Like a Hurricane ou encore Hey Hey, My My. Eh bien inversement, je ne me souviens pas de l’avoir un jour écouté ailleurs, toujours attaché à ces heures-là passées dans cette pizzéria autour d’une « Napolitaine » arrosé d’un Chianti où nous nous rendions en Coccinelle jaune , voiture de marque allemande.

Accroché à mon goût d’il y a presque quarante ans, ancré à ce son ça m’amène à dire que le vieil Young vient de sortir son nouvel opus  » Le Noise » (traduisez le bruit). Mais nous ne sommes plus à la même époque que celui de ce vinyle de Harvest qui passait en boucle chez les pizzaïolos dinannais. Là, à ce qu’il paraît, le Canadien à bientôt 65 ans y va de son pessimisme, appelant à l’aide pour mieux supporter le temps qui passe (l’amour qui fout le camp, la peur du lendemain…). Et un titre, Angry World, présente les différentes façons dont les gens voient la vie, dénonçant notamment la vision de nos chers dirigeants (« Some see life a hope eternal/Some see life as a business plan »).

Sinon nous allions au restaurant La Kabylie dans le Jerzual à Dinan réputé pour son couscous arrosé d’un Mascara ou de Sidi-Abrahim en écoutant Jamel Allam et Idir, icônes berbères. Ou bien encore, mais plus rarement, au restaurant chinois qui s’est tenu à la gare de Combourg un temps avant de s’exiler dans le Jerzual également. J’y ai tenté d’apprendre l’utilisation des baguettes en y écoutant la musique de la Chine qui s’éveillait. Tout cela alors que nos goûts s’orientaient nettement vers Les Doors, Gato Barbieri, Chico Buarque, Léo Ferré, Neil Young, Memphis Slim, Stéphane Grappelli et Baden Powell, James Brown, Astor Piazzola, Fats Domino, Stan Getz, BBKing, Ella Fitzgérald, Félix Leclerc, Catherine Ribeiro, Chick Coréa, Paco Ibanez, Django Reinhard, Charlie Parker, Bartok, la musique Kongo, Pierre Akendengue, John Coltrane, Jo Turner, Atahualpa Yupanqui, etc…comme en témoigne encore la collection de vinyles qui remonte à ces années-là.

Dans ces années-là qui n’avaient rien à voir avec un « business plan », que lisions-nous? Cent ans de solitude de Garcia Marquès, écrivain colombien, et Les derniers Rois de Thulé (les Inuits, cette minorité arctique du Grand Nord) de Jean Malaurie, fondateur et directeur de collection Terre humaine, par exemple.

Me voici donc un « bon français » bourré d’influence étrangère chopée localement. Pure fabrication du terroir! Sur la base de l’auto-déclaration de l’intéressé, les gratte-papiers de la préfecture inscriront-ils en ce qui me concerne dans les dossiers la mention « bien produit en France »? Hum! Bien que mon patronyme renvoie au français de souche, pour les policiers qui traquent pas sûr que l’inquisition s’arrête là. Car la question demeurera insécurisante « c’est quoi être un bon français? »

Au nom des valeurs universelles (valeur républicaine française) j’y réponds ainsi: « Et si cet autre, si lointain, si « largué », c’était moi? » pour reprendre la formule appliquée à Bruegel.

D.D

Chronique:

« usine à production de bons français »…Quelle phrase ! Tu développes le côté « bon français » d’accord… tu parles d’il y a un bon paquet d’années, j’suis pas sûre qu’au sens bessonnien du terme tu te sois « arrangé » dans le domaine !!!…mais revenons à cette expression monumentale « usine de production de… »

« Les Etats totalitaires dit Claude Lefort, se veulent représentants du peuple-Un (Etats du peuple tout entier) sans division originaire. » Nous y voilà…(sur l’air de « Maréchal, nous voilà ! »)

Et pour que le peuple soit un, pour qu’il soit sûr de son image unifiée (purifiée ?), l’Etat doit « permettre » une uniformisation des citoyens autour d’un sentiment d’amour , d’un mythe…donc, pourquoi pas : « le bon français » ?

Et cet état qui régente les activités quotidiennes, qui a le monopole de l’information, qui établit un système de censure sur la culture etc, etc… ne doute plus de rien, il a effectivement tous les moyens de définir des normes comportementales…et nous considère déjà comme les moutons potentiels…

Et l’usine de production des moutons c’est …l’abattoir…tu pensais que j’allais dire Dachau ? Evidemment. Mais faut faire gaffe, il y a des tas de bons français qui n’aiment pas les raccourcis . On les reconnaît facilement : Leur phrase est « quel rapport ? »

Avec, pour terminer, ce paradoxe que souligne Eugène Enriquez : « Vouloir édifier un Etat universel, homogène, uniforme, signifie vouloir que le système social ne s’articule que sur des invariants, qu’il recherche la clôture et non l’ouverture. » (De la horde à l’Etat).

Françoise.

30/09/2010 17:38


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