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La COP 21 ou Requiem pour l’espèce humaine. N°709

Written by on 11 novembre 2015


art_climat_isaac7-e1418295862845L’avenir, de quoi l’avenir sera-t-il fait ? Nous devrions être beaucoup plus attentif à certaines petites choses qui peuvent apparaître anodines. Si anodines, si banales… comme le réchauffement climatique, par exemple.

Un rien, une bricole. Quoiqu’on nous en rebat les oreilles. Le réchauffement encore ? Pfff… on s’adaptera ! Diront beaucoup face à l’échec (annoncé) de la conférence de Paris sur le climat, la COP 21, à limiter le réchauffement de la température moyenne à +2 °C.

Pourtant un fait est sûr : le coup sera rude pour les plus pauvres et les plus vulnérables dont la survie sera menacée par le manque de nourriture, les événements climatiques extrêmes et les maladies. Les estimations des climatologues tablent sur un monde plus chaud de 4°C en moyenne ou plus ! A une seule condition : « si nous avons de la chance ». Ce qui signifie que les conditions (sécheresse et montée des eaux, etc.) des plus pauvres sont… impensables !

art_climat_isaac3-e1418295634706Un conseil : à ne pas passer à côté d’un ouvrage précieux -ce qui allait être mon cas si l’on ne me l’avait pas prêté-: « Requiem pour l’espèce humaine » (édité par les Presses de Science Po) qui est un livre dont le caractère est résolument catastrophiste, voire apocalyptique. Son auteur Clive Hamilton, philosophe, professeur d’éthique publique et membre du conseil australien sur le changement climatique, n’hésite pas à parler de la fin du monde tel que nous le connaissons aujourd’hui.

Il cite, par exemple, un professeur de l’université de Melbourne, David Karoly, qui estime que « nous sommes en train d’installer l’enfer sur Terre ». Clive Hamilton cite également des analyses prévoyant qu’il pourrait ne rester plus qu’un milliard, voire moins, d’être humains survivants sur Terre d’ici un siècle ou deux.

art_climat_isaac1Prêter attention aux voix dissonantes du récit officiel telle que celle de Clive Hamilton s’avère indispensable : « Dans mon livre, ”Requiem pour l’espèce humaine”, je tente d’analyser les stratégies que les citoyens mettent en œuvre pour minimiser, voire ignorer, les faits qui sont pourtant prodigués par les chercheurs. Lorsque l’on parle par exemple à un chauffeur de taxi, on se rend bien compte des stratégies psychologiques de résistance que les gens mettent en œuvre pour se protéger, pour se prémunir de l’horreur que profèrent les scientifiques : il y a des gens qui formulent des vœux pieux, par exemple qui pensent par fantasme qu’il y aura un miracle technologique qui fera disparaître le problème du jour au lendemain ; ou alors, les gens pensent que le système politique prendra conscience des choses et que des actions seront prises le moment venu et qu’en conséquence, ces catastrophes climatiques n’auront pas lieu et que nous serons sauvé.

Mais il y a un fait très important que très peu de gens comprennent, il est le suivant : le dioxyde de carbone une fois émis dans l’atmosphère y reste pendant 1000 ans. Le changement climatique, contrairement à tout autre problème environnemental, est un problème tel nous ne pouvons pas intervenir à temps. On va émettre tant de dioxyde de carbone dans l’atmosphère que nous allons atteindre le point de non retour. » (interview France culture)

« Face à l’évidence du bouleversement climatique, continuer d’espérer revient à refuser la vérité. Tôt ou tard, nous devrons l’affronter, ce qui impliquera de passer par une phase de désolation et de désespoir, bref, de souffrir. «  (pg235)

art_climat_isaac4-e1418295361275-2Et à la lecture de ”Requiem pour l’espèce humaine”, bouquin indiscutablement fondamental, quand j’apprends que les climatologues avisés, francs et responsables -à ne pas confondre avec le Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) dont selon l’auteur, lui-même spécialiste des enjeux environnementaux, les climatologues n’osent pas dire publiquement la vraie vérité mais minimiseraient leurs prédictions par crainte d’effrayer les gens et de provoquer le découragement alors que, dans le privé, leur discours est bien différent- situent le réchauffement entre 4 et 6 degrés d’ici la fin de siècle, et quand je saisis mieux l’apathie quasi générale et le déni que Clive Hamilton dénonce, eh bien c’est la phrase de l’historien Pierre Vidal-Naquet que je crois entendre : « [le génocide] a été pensé, c’est donc qu’il était pensable, et cela même a de quoi susciter notre propre pensée».

Cette seule phrase éclairante plaide pour un avenir attentif. D’autant qu’elle prend appui sur le fait que l’univers de destruction nazi fonctionnait grâce à des dispositifs et des gestes qui ne résultent pas seulement du contexte de la guerre. Bien des choses avaient été préparées, programmées et organisées longtemps avant pour que des gens ordinaires se sont sentis entrer dans un nouvel âge (ou lâcheté) instituant la pratique du mal extrême comme une activité quotidienne.

Isaac-Cordal-climate-change-3Car côté « dispositifs et gestes », sous prétexte de guerre contre le terrorisme ou de blocage des migrants, ce qui se ressent risque fort d’être en fait l’aube d’un nouvel âge. Tel que le décrit Clive Hamilton : « …nous devons absolument garder à l’esprit ceci: lorsque les puissants auront compris que les implications dramatiques de la crise climatique les menacent, eux et leurs enfants, ils imposeront à tous, à moins de rencontrer une résistance, leurs propres solutions, des solutions qui protégeront leurs intérêts et exacerberont les inégalités d’accès aux moyens de survie, abandonnant les pauvres à eux-mêmes. Il en a toujours été ainsi. Nous devons démocratiser la capacité de survie. » (pg246).

Le philosophe australien nous l’assène: l’humanité va redevenir nomade ! Déjà voici ce qui se passe : « Chaque année depuis 2009, 20 à 30 millions de citoyens des pays du Sud ont dû évacuer leur lieu d’habitation parce qu’ils ont été chassés par la sécheresse et par la faim causées par le réchauffement climatique, ou parce qu’ils ont fui des événements extrêmes comme les typhons, les cyclones, les inondations, les pluies diluviennes. » (Nicolas Hulot, entretien au Nouvel Obs ce jour).

Et puis encore côté « dispositifs et gestes », comment réguler quand le traité Tafta donnera la possibilité aux entreprises d’attaquer en justice les Etats qui entravent leurs activités, comme nous en informe Susan George ?

D.D


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