Capture d’écran 2018-01-09 à 23.06.07Voilà mea-culpa, je sais, cela ne se fait pas. De parler d’un livre sans l’avoir lu en totalité alors que j’en suis seulement en plein milieu. Qu’importe je passe outre les bonnes manières comme, dit en passant, bon nombre de critiques littéraires le font sans l’avouer par une lecture rapide en diagonale, voire en survol.

Car ce livre me plaît vraiment beaucoup. Il s’agit de « La légende des montagnes qui naviguent » de Paolo Rumiz.

Quatrième de couverture :  » Huit mille kilomètres au fil des Alpes et des Apennins, cette colonne vertébrale de l’Europe. Paolo Rumiz nous embarque pour un voyage au long cours… De la baie de Kvarner en Croatie jusqu’au Capo Sud italien, il chevauche les deux grands ensembles montagneux de l’Europe passant par les Balkans, la France, la Suisse et bien sûr l’Italie. Parti de la mer, il arrive à la mer. Son récit navigue sur les cols et sommets dont les flancs plongent dans les ondes. Rumiz, devenu capitaine, nous élève vers ces montagnes qui naviguent. Il nous fait découvrir des vallées sans électricité, des gares de chemin de fer habitées par des mouflons, des bornes routières de légende, des bivouacs sous la pluie au fond de cavernes; et puis des curés braconniers, des gardiens de refuge, des chanteurs à la recherche de leurs racines. »

41OZ-G1snxL._SX195_Comme indiqué au dos du bouquin, il s’agit là d’un récit d’un écrivain-voyageur, dense, très documenté, bourré de toutes sortes d’anecdotes glanées au gré de ses rencontres. On apprend énormément: une mine d’informations géographiques, historiques, toponymiques avec ces si jolis noms de lieux, gastronomiques, botaniques, gustatives, olfactives,… et humaines. Humaines parce qu’en relation physique, se fondant dans le paysage avec un regard émerveillé. C’est bien pourquoi, ayant voyagé en plusieurs fois, il y a déjà longtemps, à ces endroits-là en suivant cette épine dorsale des Alpes, je suis ému de retrouver dans ses pages ce qu’évidemment je n’avais pas perçu en y passant. Du coup je revis ces moments et me régale des images qui me reviennent, dans les pas de Paolo Rumiz qui arpente à pied, en vélo, en moto, en bagnole, un nombre impressionnant de vallées à descendre et de pics à grimper. De la Croatie à l’Italie, en passant par Trieste, la Slovénie et l’ex-Yougoslavie, la Bavière, l’Autriche, la Suisse, ou les Alpes françaises.

Plus précisément son auteur, un ancien grand journaliste italien, en traversant ainsi surtout les Appenins, ce coin des Alpes italiennes snobés par les italiens, en multipliant les rencontres avec beaucoup d’« anonymes » qui lui racontent la montagne et ses secrets, et en notant tout, Paolo Rumiz nous enseigne que le dépaysement est à notre portée, chez nous, si l’on veut ouvrir les yeux. Loin du tourisme de masse, tant de belles régions s’offrent à nous.

Mieux encore, ce guide nous dresse la carte – sans donner plus de précisions, volontairement- des indociles habitants des rochers, réfractaires, solitaires et rudes montagnards, vers lesquels, on le ressent page après page, va naturellement sa sympathie.

« Je vais tenter de vous faire savoir ce qui se passe à l’intérieur de l’arche, de la montagne authentique, celle qui reste toujours loin des projecteurs, de ce rideau battu par les tempêtes auquel se cramponne un équipage de petits grands héros de la Résistance aux agressions de la mondialisation. Un voyage à travers six nations dans la partie alpine et d’une intimité toute italienne dans celle qui a trait aux Apennins »

En fait, par ce récit sur les Apennins, qui forment une double « épine dorsale » en forme de « S », ce que nous offre Paolo Rumiz c’est autant de fenêtres ouvertes sur une partie de l’Europe dont elle a beaucoup à apprendre, encore peu connue aujourd’hui sinon dans ses stéréotypes et ses clichés.

D.D

Ce qui a été dit et écrit ici-même autour de la passion du regard.