Capture d’écran 2018-10-07 à 19.46.06Dans son dernier livre, très accessible, Qui donc est l’autre?, un des grands anthropologues français Marc Augé s’interroge sur l’altérité. Il nous dit que les relations d’altérité existent partout. Toute la vie sociale est conditionnée par des rapports d’identité et d’altérité. A l’intérieur de chaque culture, c’est le cas. Toutes les cultures du monde se sont interrogées sur les rapports entre l’un et les autres. L’identité se négocie à travers des relations d’altérité. Et cette relation d’altérité aboutit à ce que nous sommes.

Capture d’écran 2018-10-08 à 17.39.14Du coup, dans ce Qui donc est l’autre?, il pointe le besoin du regard des ethnologues qu’a notre société pour penser nos relations aux autres. Car la société est faite de relations.

Rappelons que par ses études comparées des différentes sociétés humaines, Marc Augé s’est attaché à démontrer que la modernité a changé de nature. Qu’elle est désormais « sur-modernité » et celle-ci s’incarne particulièrement dans nos lieux de vie. A ce titre, il est à l’origine notamment de concepts passés dans le langage courant pour décrire notre quotidien.

Par exemple cette idée de non-lieux, ces espaces d’anonymat qui accueillent chaque jour des individus plus nombreux (ainsi des supermarchés, des gares, des chaines d’hôtels, des aéroports, le virtuel, etc.), c’est-à-dire des espaces de consommation uniformisés ou de communication, mais sans relations sociales. Et cet autre concept de sur-modernité, la modalité essentielle de celle-ci étant “l’excès”, la démesure : encore plus d’individualité, une accélération de l’histoire et une surabondance spatiale.

La société contemporaine, selon lui, flotte dans cette « super-modernité« , engourdie par l’extase constante à laquelle elle réagit sans plus attendre, pour survivre et calmer la peur de la solitude. Ce qui fabrique un monde de l’illusion et de l’injustice. Puisque l’écart augmente entre les plus riches et les plus pauvres, comme entre ceux qui ont accès à la connaissance et ceux qui ne l’ont pas.

Dès lors, s’interroge-t-il: « Qu’en est-il aujourd’hui de la ville comme lieu ? » Ainsi cite-t-il Castoriadis recourant à la notion d’imaginaire social: « se demandant pourquoi une société doit chercher dans l’imaginaire le « complément nécessaire à son ordre »; au noyau de cet imaginaire il décèle « quelque chose d’irréductible au fonctionnel qui est comme un investissement du monde et de soi-même par la société avec un sens qui n’est pas dicté par les facteurs réels puisque c’est plutôt lui qui confère à ces facteurs réels telle importance et telle place dans l’univers que se constitue cette société » (p.19).

Marc Augé le rejoint sur cette notion d’imaginaire. C’est pourquoi dans le long chapitre « Fictions urbaines« , au regard des technologies de la communication, du virtuel, de la sur-modernité et ses non-lieux, il s’attache à analyser « la surabondance d’images qui ne prétendent pas, à première vue, dessiner les linéaments d’un nouvel imaginaire collectif » (p.143).

Et du fait de cette surabondance, il pressent le danger réel de la disparition de l’imaginaire (p.150) qui donne du sens aux choses. Du coup, il lance un appel: « Urbanistes, architectes, artistes et poètes prendront-ils conscience du fait que leur sort est lié et que leur matière première est la même: sans imaginaire, il n’y aura plus de ville et inversement. » (p.150). « Parlons d’utopie: il faut y recréer les conditions de l’imaginaire qui ont toujours été inscrites dans la réelle socialité de lieux. » (p.151)

Aussi conclut-il ce chapitre par ces phrases: « S’il faut se détourner de la fiction des images sans armature symbolique, c’est pour symboliser à nouveau le réel et ressusciter du même élan l’imaginaire, la ville et le lien social, l’étroite imbrication entre lieu et non-lieu, faute de laquelle il n’y a que terreur ou folie. » (p.151)

Dans ce Qui donc est l’autre?, Marc Augé propose également des réflexions sur les nouvelles technologies et le rapport à l’autre médiatisé qu’elles induisent.

Ainsi écrit-il au sujet de celles-ci : « S’il arrivait un jour qu’il n’y ait plus d’imaginaire collectif, mais des images, et plus d’oeuvres de création, mais des produits d’entertainment, l’imaginaire individuel pourrait être absorbé par les images. (…). Mais « l’homme est un être symbolique. Il se définit par la relation et ne peut pas se laisser absorber intégralement par l’image. Certains individus, oui, peut être. Mais l’humanité, non. Il reste que l’offensive technologique est déclenchée, que la guerre des rêves a commencé. Tant que les vies individuelles existeront comme récits, tant qu’elles conjugueront les formes de la mémoire et de l’oubli, tant qu’elles pourront se dire et faire appel à d’autres vies et à d’autres récits, nous saurons qu’elle n’est pas encore perdue. » (p.90)

Serait-ce alors pour mieux conjurer le sort qui nous est promis dans cette « guerre des rêves », que cet imaginaire social aujourd’hui disparu fait une réapparition là où on l’attend le moins, à en croire ce tout récent sondage ( à lire ici) qui place le monde rural comme « idéal de vie » pour 81% des français?

A cette question, le regard de l’anthropologue peut y répondre: « Demain le monde sera urbain; il l’est déjà. Ce n’est pas une raison pour rêver de paradis perdus: ces paradis sont toujours illusoires; ils n’ont jamais existé. » (p.161)

Pour mieux connaître la pensée de ce scientifique de renommée internationale, voici ci-dessous un long entretien de 2014 titré «L’essence de l’humanité est dans le mouvement». Il est publié par le magazine de l’Université de Valence, qui porte le nom mètode .

D.D

Capture d’écran 2018-10-07 à 19.12.39« Marc Augé est l’une des plus grandes figures de la pensée contemporaine. Ses travaux, essentiellement axés sur l’analyse anthropologique de notre vie quotidienne, constituent une référence en sciences humaines et sociales. Connu pour le développement de la notion de supermodernité et du concept de non-lieu, cet ethnologue français, spécialiste des lettres classiques, considère les migrations comme l’une des principales caractéristiques de notre société globalisée actuelle. Un monde marqué par de grandes différences économiques, sociales et culturelles qui ne l’empêche pas de parier sur une utopie de l’éducation et du savoir. »

Comme il est dit dans la présentation de l’entretien, ce grand penseur français « au regard clair et à la sérénité de son âge, parle lentement, réfléchissant sur chacun des mots qu’il prononce. Son discours témoigne de sa grande expérience de la vie et de son engagement en faveur d’une société plus juste et plus égalitaire.

– Vous êtes en faveur d’une « anthropologie de la mobilité« , qu’est-ce que cela signifie pour vous?

Les migrations de notre temps sont plutôt une nouvelle forme d’urbanisation, ce qui implique que la ville telle que conçue auparavant évolue.
C’est une question simple et compliquée à la fois. L’anthropologue a toujours affaire au présent. En cela, il diffère de l’historien, mais ce qui vient après ce que nous appelons la modernité est autre chose. Quand je parle de « supermodernité », ce n’est pas d’inventer un mot, mais de dire que les grandes tendances actuelles se situent dans le prolongement du mouvement de la modernité, le compliquent ou le « surdéterminent ». Nous avons compris que la modernité promettait de placer l’individu au centre de tout, mais c’est un individu qui change de nature, perd ses repères, qui présente des aspects contradictoires. Je pense qu’une approche anthropologique de petits groupes d’individus, techniquement ethnologique, nous permet de mettre en évidence ce nouveau trait caractéristique de notre époque.

– Et la mobilité serait l’une des caractéristiques de ce monde « supermoderne« ?

C’est l’une d’entre elles. Une autre est le changement d’échelle. Tout le monde sait aujourd’hui que nous vivons sur la même planète. En un sens, les déséquilibres avec lesquels nous nous trouvons proviennent du fait que nous sommes déjà planétaires à de nombreux égards, avec la technologie, le marché, etc., et que nous ne le sommes pas du tout à d’autres.
Et il existe de grandes distances entre les sensibilités nationales, régionales et individuelles et le mouvement planétaire qui se manifeste sous de nombreuses formes, y compris la violence. Évidemment, ce n’est pas quelque chose qui dépasse la sphère habituelle de la réflexion anthropologique, mais en fait néanmoins partie, car l’ethnologue essaie toujours d’étudier de petits groupes d’individus dans leur contexte et le contexte est toujours planétaire. Même pour comprendre ce qui se passe dans une communauté de la partie la plus reculée de la jungle, un contexte plus large doit être pris en compte.

– Il affirme que la « supermodernité » s’exprime en mouvements de population, en quel sens?

Les mouvements de population sont des migrations. L’urbanisation, la mondialisation, les migrations sont des notions identiques, car nous assistons à un mouvement qui ne se limite pas à celui qui va du sud au nord. En Afrique et en Asie, des mouvements migratoires considérables expliquent les complications de l’histoire dans ces lieux. Le monde est devenu une sorte de ville immense. Paul Virilio a parlé de « métacité virtuelle« . Il est vrai que nous vivons tous dans la même ville à bien des égards, mais dans d’autres, nous voyons que les grandes métropoles reflètent toute la diversité du monde. C’est-à-dire qu’il y a ce double mouvement de diversité interne et d’apparence d’homogénéité à l’échelle planétaire.

– Le modèle d’intégration républicaine française des immigrés est lié à la laïcité, pensez-vous que cela a échoué?

Non je ne le crois pas. Il y a des difficultés, mais je suis un fervent partisan de ce modèle. Il y a des problèmes, mais moins que ceux des Pays-Bas ou de l’Angleterre et, d’autre part, on n’en parle pas beaucoup. Le véritable problème est l’isolement de certains quartiers et le problème plus général de l’école et de l’éducation, et bien entendu de l’emploi. Si nous regardons les jeunes de la deuxième génération d’immigrés qui sont regroupés dans les mêmes quartiers, qui n’ont pas d’emploi et qui ne fréquentent pas l’école, nous faisons face à un échec qui dépasse les modèles d’intégration. Pour ma part, je suis convaincu que le modèle d’intégration doit être renforcé.

– Voulez-vous parler du modèle d’intégration assimilationniste?

La fuite des cerveaux est un nouveau type de migration individuelle qui est particulièrement préjudiciable pour l’Afrique, car les intellectuels ne trouvent pas dans leur pays les moyens d’exercer leur force et leur talent.
Oui, car je suis très sceptique vis-à-vis de l’autre modèle, celui des cultures. Il n’y a pas de culture commune chez les immigrants, qui viennent de pays très différents. Et en ce qui concerne la religion, l’idéal de laïcité est essentiel. Si nous le respections, il y aurait beaucoup moins de problèmes. En réalité, il n’y a pas de problèmes aussi graves. Par exemple, il a été dit que la question du voile dans les écoles causerait une catastrophe et ce n’est pas le cas. La loi sur les pratiques religieuses dans les écoles a été appliquée sans problème. Point final. Évidemment, nous sommes dans certains contextes où la religion est parfois utilisée à d’autres fins.

– Pensez-vous que l’Espagne aurait quelque chose à apprendre du modèle d’intégration assimilationniste français?

Nous devons tous réfléchir aux problèmes d’intégration. De toute évidence, il y a des facteurs historiques qui influencent. Au-delà du problème de la migration, il existe en Espagne un système d’autonomies largement développé et une histoire différente que l’on retrouve également dans d’autres pays européens. La France a une histoire particulière parce que la monarchie a commencé à créer un État national qui a eu une continuité après la révolution. En revanche, l’unité italienne est récente, de même que l’unité allemande. À mon avis, l’idéal est celui des Lumières, c’est-à-dire l’absence de contradiction entre développement individuel et développement collectif. Ce sont précisément les droits de l’homme qui ne peuvent se concrétiser que par la défense de l’individu, car l’homme s’incarne dans un sens générique. Je ne crois pas qu’une culture soit la bonne frontière, car chaque culture comporte de grandes inégalités, ce qui implique de respecter l’oppression de certains contre d’autres. C’est pourquoi je n’ai aucun respect pour les cultures dans ce sens. Je pense que la référence est l’individu.

– Que pensez-vous de l’identité nationale?

Cela dépend, car il s’agit d’une réalité très différente selon les histoires et les nations. Une identité existe par opposition aux autres identités, est toujours en négociation avec l’altérité. Lorsque nous parlons de l’idée de l’Europe, cela se produit un peu, une négociation perpétuelle entre les États-nations et un imaginaire collectif. Il y a clairement quelque chose qui peut être perçu et qui se manifeste en tant qu’Européen par rapport à la diversité actuelle du monde. Mais il me semble que certains, suivant la logique du capitalisme, sont tentés d’accéder directement au niveau mondial. En fait, les entreprises accusées de ne pas payer d’impôts aspirent immédiatement au niveau planétaire et je me demande si certains mouvements indépendantistes ou autonomistes ne sont pas influencés par ces mêmes idées. Je comprends que c’est un problème pour les nations en question, mais il est difficile de porter des jugements. Le jour où nous aurons une véritable politique sociale, c’est-à-dire que nous résoudrons la tension entre l’idéal de la liberté individuelle et la nécessité des relations sociales, qui est le début de la démocratie, nous allons surmonter ce type de questions. Mais nous avons encore besoin de beaucoup…

– Comment les frontières affectent-elles les peuples nomades?

L’Europe a créé un espace sans frontières, l’espace Schengen, que les Anglais ne partagent pas parce qu’ils sont européens sauf quand cela les dérange. Ils n’ont ni Schengen, ni l’euro, mais ils occupent tous les postes à Bruxelles [rires]. Quant au problème des populations nomades, des Roms ou des gitans, c’est un faux problème. À Paris, par exemple, il n’y a pas de problème de gitan, mais un problème de mendicité et de pauvreté. Si nous n’avons pas les ressources pour leur offrir un logement ou un refuge, comment allons-nous leur interdire d’occuper des espaces publics? Mais voir des enfants mendier dans la rue donne des arguments à l’extrême droite et nous devons être attentifs à cela. Ce n’est pas un problème de principes, c’est un problème pratique qui doit être résolu au niveau européen. Certaines municipalités interdisent les camps illégaux et la police les expulse, mais ils vont ailleurs. Quelle politique est-ce? Pour dire ce qui est illégal, vous devez définir la légalité. Ce n’est pas simple, mais vous devez trouver une solution à ce problème, en évaluant réellement les coûts.

– Vous connaissez bien l’Afrique et l’Amérique latine. Qu’avez-vous appris des pays que vous avez visités sur ces continents du point de vue de l’homme blanc européen?

Pour un ethnologue, le premier terrain est toujours important parce que c’est son premier contact réel avec la différence. Ce que j’ai vu en Côte d’Ivoire pendant des années m’inspire encore pour réfléchir ou déterminer ma façon de voir les choses. Mais tout n’est pas différent. Lorsqu’un ethnologue consulte les livres d’autres ethnologues, même d’anciennes époques, il est surpris par l’évidence de la différence, mais il y a toujours quelque chose de familier, car toutes les sociétés ont posé les mêmes questions, bien qu’elles soient arrivées à des réponses très différentes. À propos des relations entre les sexes, entre les âges, à propos de la mort, de la maladie … Voyager est toujours enrichissant. L’Amérique latine m’a aussi beaucoup influencé. Quand j’ai découvert ce continent dans les années quatre-vingt-dix, cela m’a fait un choc en raison du type de contacts, de la beauté du paysage et de cette autre façon de considérer l’ethnologie. S’il existe un lieu où l’ethnologie est un instrument de recherche concret, c’est bien en Amérique latine, même s’ils sont très modestes. Les colonisateurs n’ont pas anéanti la totalité de la population autochtone. Il existe donc actuellement de véritables problèmes qui relèvent de la réflexion ethnographique et je l’ai vu de mes propres yeux. Vous devez voyager non seulement parce que vous apprenez de nouvelles choses, mais parce que c’est toujours différent et que c’est toujours la même chose …

– D’où vient votre tentative de réunion poétique avec l’autre?

Le sujet de la réunion m’a toujours intéressé. La rencontre d’un point de vue individuel est évidente, mais la rencontre avec le collectif d’un point de vue historique est plus complexe. L’Europe a toujours échoué dans cette rencontre avec les autres, c’est pourquoi je suis excité lorsque je regarde des films sur Christophe Colomb. Penser à cette idée de deux mondes découverts et voir ce qui a été fait par la suite est terrible, en particulier ce que le monothéisme a fait du prosélytisme. Il y a un aspect conquérant inhérent à l’histoire, aux sociétés humaines, qui m’attriste beaucoup, surtout quand je pense que la réunion aurait pu être différente.

– Julia Kristeva a déclaré, dans son célèbre essai Étrangers pour nous-mêmes, que la France est le pays où l’on se sent le plus étranger. Êtes-vous d’accord?

Je ne sais pas ce qu’elle voulait dire exactement car elle-même est étrangère. Je ne pense pas qu’elle se sente étrangère au sens strict. Cela dit, je suis tout à fait d’accord avec cette affirmation. Je trouve plus de chaleur humaine dans les relations dans des pays comme l’Espagne ou l’Italie et j’aime ça. La France a un côté, du moins à Paris ou à certains endroits, plus distant et prétentieux. Cela pourrait aussi être une critique de certains cercles intellectuels français où il y a un manque de modestie et chacun défend son existence individuelle avec une grande force et une grande peur, ce qui crée une certaine distance. En tout cas, je ne fais pas beaucoup confiance à ce genre de généralisations …

– Quelle est la patrie de Marc Augé?

Un pays au sens métaphorique est une collection de mémoires et de références, j’ai donc beaucoup de patries.
Cette question me met dans une impasse. Vous pouvez avoir plusieurs réponses. Je suis français, je ne peux pas le nier, mais j’avais un grand-père catalan, qui parlait catalan et qui avait épousé une bretonne. Je passais mes vacances en Bretagne, mais j’ai aussi de la famille dans le centre de la France, alors je suis un mélange. Nous avons parlé avant de l’Amérique latine ou des pays du sud de l’Europe que je porte aussi dans mon cœur. Je crois qu’un pays au sens métaphorique est une collection de mémoires et de références, j’en ai donc beaucoup.

– Quelles sont tes nouvelles peurs?

Je n’ai plus peur parce que je suis un vieil homme et que je crois aussi à l’utopie [rires]. Les nouvelles peurs ne sont pas si nouvelles, bien qu’elles prennent de nouvelles formes dans le contexte de mondialisation dont nous avons parlé. Par exemple, la peur de la violence est très ancienne, mais il existe aujourd’hui des formes de terrorisme très dérangeantes, telles que les attentats suicides, car elles impliquent le mépris de sa vie et de celle des autres. Cette forme de destruction pure me perturbe particulièrement. Ces peurs sont très liées à la communication. Tout ce qui se passe dans l’autre partie du monde a une répercussion immédiate, comme si c’était arrivé ensuite. Jusqu’à présent, tout le monde vivait dans son coin et était surpris qu’un petit événement se propage dans l’intimité de tous les jours. Je pense donc que les nouvelles craintes concernent l’information, la communication et la diffusion. C’est une conséquence de ce type d’équilibre qu’une société planétaire devrait avoir et qui impliquerait, entre autres, que nous soyons tous des citoyens égaux. Mais nous avons encore besoin de beaucoup… »

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ruCe qui a été dit et écrit ici-même autour de Marc Augé, ici & . Et de sa précieuse parole avec l’intégralité de sa conférence sur les non-lieux, à écouter ici. Ainsi que de Castoriadis présenté par l’historien François Dosse.