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Paolo Rumiz, « La frontière fragile entre nous et l’horreur. » N°1036

Écrit par sur 16 mars 2022

Il me demande si je sais ce que veut dire « Ukraine » et je lui réponds que oui, bien sûr: ça veut dire « frontière ».

Paolo Rumiz, écrivain – « Aux frontières de l’Europe »-2011.

Si la Chronique précédente en appelait à la chouette de Minerve qui voit dans la nuit, il m’est apparu comme une claire évidence d’avoir recours à l’éclairage de terrain de l’écrivain-voyageur Paolo Rumiz, ancien reporter de guerre en ex-Yougoslavie, grand conteur qui a toujours parlé de notre besoin d’être des citoyens du monde.

En « fils de la frontière » de sa Trieste natale, donc sur une frontière à la charnière des mondes latin, germanique et slave, qu’il nomme « sismographe qui enregistre chaque secousse », je tiens le pari qu’en cette nuit continentale qui flirte chaque minute d’avantage avec le pire, il en soit à son tour à solliciter le concours précieux du volatile.

C’est pourquoi cette Chronique-ci propose de s’enquérir de son article du 12 mars pour Repubblica : « La frontière fragile entre nous et l’horreur ».

Paolo Rumiz est l’auteur entre autres de « Aux frontières de l’Europe », reportage – dont la Chronique s’en était faite l’écho, à lire ici- dans lequel il racontait son parcours de 7000 km de la frontière orientale de l’Europe, de Mourmansk, port russe au nord du cercle polaire arctique, à Odessa, port ukrainien de la Mer Noire menacé en ces heures-ci par un débarquement des forces armées russes.

Sur la guerre au-delà de la guerre, cet article apparait bien comme un clair éclairage de la frontière « Terre de sang ». En effet, même plus.

D.D

Pendant huit ans, nous avons dormi, comme les dirigeants qui, en 1914, ont commencé le massacre du monde dans un état de somnambulisme stupide. »

Paolo Rumiz, écrivain, ancien reporter de guerre. – « La frontière fragile entre nous et l’horreur. » La Reppublica, le 12 mars 2022.

« Comme le vent souffle sur ma frontière. Un vent glacial de nord-est. Il passe au-dessus des tranchées de la Grande Guerre, siffle dans les décombres des garnisons yougoslaves de l’ancien rideau de fer, se glisse dans les fissures, emporte le sommeil. Cela vient de loin. Ça sent le goût des steppes et de la neige. Il am