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Piqûre de rappel. N°521

Écrit par sur 14 mars 2012

C’était dimanche, en après-midi. Françoise et Jean-Pierre nous accueillaient dans leur maison pour assister à une belle lecture d’Edith Azam et Bernard Noël. Cette lecture à la campagne était disons le tour de chauffe des Polyphonies de Mars qu’organise cette semaine la Maison de la Poésie de Rennes.

S’amorce à quelques uns, avant cette lecture, une conversation à propos du meeting que tenait Sarkozy à la même heure. Bernard Noël me dit alors, avec sa voix douce, que le pire à retenir à ses yeux du mandat de ce président est la chasse aux Roms à laquelle l’on assiste dans l’indifférence. Fort juste.

Vaut piqûre de rappel. Sur cette politique de la chasse aux Roms, relancée par Sarkozy dans ses déclarations ouvertement racistes de Grenoble fin juillet 2010. La chasse aux Roms continue, c’est vrai. Chaque jour. Destruction des camps de fortune, et nouvelles formes de harcèlement policier. Qui se traduisent par des gardes à vue pour des motifs souvent fallacieux, jusqu’à la confiscation des instruments de musique lors des démantèlements de camps… La police, qui éventre les tentes et intervient d’ailleurs parfois avec des masques, espère par cette pression décourager les Roms de s’installer en France. Ainsi est bafouée la légitimité d’un nomadisme multiséculaire et transeuropéen.

Il faut entendre ici le cri des enfants. Si longtemps après. Qu’on se remémore.

Il y a 5 ans, le philosophe Alain Badiou nommait l’élection de Sarkozy un « pétainisme transcendantal ». En suivra une succession inimaginable de lois scélérates concernant toutes les catégories appauvries. Preuve de l’inclinaison de Sarkozy vers la droite extrême, comme le confirme le Wall Street Journal.

Pas question d’oublier des faits aussi graves. A rappeler en plein batelage médiatique. Besoin de revenir à cette Chronique du 02 septembre 2010, intitulée « Romanichels ». Nous y écrivions ceci. Lire aussi cette tribune « Le « nomadisme tsigane » : une invention politique » d’Henriette Asséo, historienne.

A l’heure qu’il est, comme avant, Sarkozy a recours à la peur, la peur obsessionnelle comme ultime principe mobilisateur en misant sur l’effrayant rassemblement d’individus effrayés qu’il pourrait susciter en l’organisant méthodiquement émission après émission, meeting après meeting. Jamais autant que lui, dans ce pays, un candidat n’a eu autant de couverture médiatique, n’a eu autant de services de renseignements réunis (fusion DST-RG) à sa disposition, n’a eu autant de sondages d’opinion (non chiffrés).

L’air devient lourd. L’hiver se traîne. Il a encore assez de temps pour envahir en forçant l’espace personnel de chacun. Jusqu’à l’obstruer. Comme un fou qui ne sait pas qu’il l’est. Une dégénérescence: il n’y a plus que lui. Il a tout fait, il a tout décidé. Il s’est débarrassé de son gouvernement comme de son 1er ministre, autant de ses députés, tous jamais nommés. Lui, seul, est le Grand Tout ! tout et n’importe quoi.

Pour s’en convaincre, quelques phrases prononcées récemment: « J’ai le sentiment que les Français sont disponibles comme jamais. » De quoi parle-t-il en parlant ainsi? Parle-t-il de disponibilité psychique et de perméabilité, ce fameux «temps de cerveau humain» disponible tant vendu par TF1? Puis à la question de supprimer le mot «race» de la Constitution ? «Ridicule», répond Sarkozy. Ne serait-ce que tactique afin de détourner d’un coup de talon l’attention des affaires concernant le financement de sa campagne de 2007? Et encore cet outrage au sens qui en dit tant sur l’usure du pouvoir: « Peuple français, j’ai besoin de vous! » Faites passer… Puant!

Quant à sa dernière proposition de suspendre les accords de Schengen. L’affaire est grave. Cette apparente pitrerie est à décrypter avec la plus grande vigilance. Car il s’agit maintenant pour lui de mettre fin à une certaine liberté de circulation égalitaire des personnes, une des rares retombées positives de l’Union européenne. Qui permettait de nourrir cet espoir fragile qu’on pouvait éviter qu’on se tape sur la gueule comme au temps joyeux des frontières.

Prêt à réintroduire les contrôles de passeports aux frontières, même à l’intérieur de l’Europe, afin d’élever un obstacle supplémentaire devant ceux qui viendraient de l’extérieur. Obstacle à double usage car efficace aussi et en premier lieu devant tous les pauvres des populations européennes en proie à la crise économique qu’il désignera lâchement bientôt lors d’un prochain meeting, sondage oblige, à la vindicte: « ces gens qui ne vivent pas comme nous ». Une formule du même tonneau pétainiste que « C’est notre pays, aimez-le ou quittez-le. »

Evidemment les riches et les puissants, et les capitaux pourraient, en revanche, continuer à se déplacer et à se délocaliser librement.

D.D


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