amap1A l’heure où le Parlement européen vient d’adopter platement ce mercredi un libre-échange dévastateur sur les questions agricoles et les territoires – mais d’abord la chose : l’accord de libre-échange avec le Canada, le CETA (Comprehensive Economic and Trade Agreement), un contresens total sur le front environnemental car ses règles s’opposent aux mesures à prendre pour lutter contre le changement climatique, et légétimement considéré comme « le cheval de Troie du TAFTA » (accord de libre-échange entre l’Europe et les Etats-Unis) compte tenu des 81% des multinationales US possédant une filiale au Canada, ceci en permettant la mise en place des tribunaux privés qui pourront être saisis par une entreprise si elle s’estime lésée par une réglementation publique (comme le disait à notre micro Susan George), ce CETA, un lourd pavé techno-juridique négocié en catimini, du solide, du cousu main, avec plein de dessous, renforcera les multinationales en tirant vers le bas les normes européennes comme sur la sécurité alimentaire et en remettant en cause la qualité des produits -, à l’heure donc du déraillement absolu avec le risque de glisser bien bas – ce traité qui « menace la démocratie » sera appliqué dans un mois et demi pour 95% du texte-, misons sur la multiplication des « Zones A Défendre « .

Parmi celles-ci… les AMAP ! Et autres circuits courts – d’après la définition du ministère de l’Agriculture, « est considéré comme circuit court un mode de commercialisation des produits agricoles qui s’exerce soit par la vente directe du producteur au consommateur, soit par la vente indirecte, à condition qu’il n’y ait qu’un seul intermédiaire entre l’exploitant et le consommateur »- comme les marchés fermiers.

Utopie ? Réalité ! Car voilà seize ans que le succès des Amap (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) ne se dément pas. Les AMAP existent en France depuis 2001. Lesquelles s’inspirent d’expériences étrangères : des « Teikei japonais fondés par des mères de famille citadines dans les années 1960. Celles-ci se sont regroupées au sein d’un groupement d’achat et ont décidé d’établir un contrat avec un agriculteur par lequel celui-ci s’engageait à produire sans recourir à des produits chimiques (dans un contexte marqué au Japon par la contamination de l’eau de mer par le mercure et l’apparition de la « maladie de Minamata » suite à une intoxication par le mercure) en échange de la garantie de voir sa production intégralement achetée à l’avance ». Ensuite des « Community Supported Agriculture (CSA) créées à partir du milieu des années 1980 en Amérique du Nord et en Grande-Bretagne » (source: wikiagri.fr).

Et chaque semaine, en un lien honnête entre le champ, la cocotte-minute et l’assiette, des amapiens se régalent avec ou sans sel et moutarde de leur panier de légumes et de fruits cultivés et vendus directement par un agriculteur des environs. La plupart des AMAP sont Bio sans que ce soit une obligation. Mais derrière chacune il y a une résistance contre une agriculture productiviste de plus en plus destructrice au plan écologique.

L’engagement on le voit est militant : il vise à assurer un revenu sûr et régulier aux paysans désireux de cultiver leur terre de manière naturelle. Les récoltes sont préfinancées, et on peut même participer ponctuellement aux travaux des champs et semis. Pour le consommateur il y a des contraintes horaires et journalières : on n’est pas au supermarché, pas d’offres commerciales séduisantes, et on ne trouve pas ce que l’on veut, on prend ce qu’il y a.

La récolte est partagée, elle peut être bonne ou moins bonne. Le consommateur prend un engagement quand il s’abonne pour un panier. Dans lequel la qualité des produits est forcément plus facile à contrôler par les usagers que ceux que l’on trouve dans la grande distribution. Du coup, là réside bien un changement d’attitude vis à vis de sa consommation et de la marchandisation du monde.

Eh bien parmi celles-ci « L’Amap Attitude« , une association bien nommée de consommateurs basée dans une ferme maraîchère biologique, qui se tient à Bonnemain (Ille-et-Vilaine). Entretien avec son président Alain Busson.

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D.D

Ce qui a été dit et écrit ici-même autour du TAFTA.