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Scotché. N°686

Written by on 4 juin 2015


zmp20673Juste s’absenter une journée, remettre la tâche au lendemain, faire glisser le jour de la mise en ligne de cette « chronique du jeudi » du mercredi soir au jeudi soir. Quand parfois même vient l’envie de décrocher, de s’éclipser. Pour un temps, pas nécessairement pour toujours. Comme l’on se fabrique des parenthèses. Cela pourrait être la raison de se décalage léger d’une journée dans la publication de cette chronique-ci. Qui dans sa durée n’a connu que très peu d’écart, quasiment pas.

Pas de burn-out, de fugue, ni de malaise, mise au pas, au ban, voire à la porte. Pas plus de volonté de ralentir. Ni de s’estimer au bout du rouleau. Ou d’arrêter le flux de la pensée en mettant un terme à cette série de 685 chroniques hebdomadaires bien décalées par rapport au flux informationnel lu et entendu par ailleurs. Mais contribuant chacune pour sa part à veiller à comment nous comporter les uns envers les autres dans un espace démocratique, voilà ça aurait pu être ça mais … ce n’est pas le cas. Loin de moi.

On pourrait naturellement être amené à évoquer une affaire de dysfonctionnement (technique, informatique, physique ou psychique, etc.). Ou le refus de continuer ainsi comme un robot, qui suivrait le modèle dominant qui est celui de l’urgence, de la vitesse, de l’efficacité, de la concurrence, de rester à la hauteur, etc… Ben, non ! Car ne suis pas encore en cet état « comme un automate qui continue à respecter les rituels de la routine sociale, un peu comme un corps mort dont les activités réflexes continueraient à fonctionner. » (Clément Rosset- Loin de moi).

Ou dans l’optique de devenir transparent, neutre, imperceptible, comme dans les textes de sagesse indiens ou chinois. En se désubjectivant. En cherchant à cesser d’être soi. Un travail sur soi d’effacement. Comme l’Asie, à l’inverse de l’Occident, l’a valorisé. Peut-être que ça aurait pu être ça, mais non. Loin de moi.

A moins que présentant depuis tout récemment des signes d’inattention tels que se tortiller sur sa chaise, remuer des pieds ou rêvasser, un retour à la jeunesse avec comme-back sur mes années de scolarité, soit en cours. Se résumant à un renoncement ravageur, l’hypothèse paresseuse pourrait sembler pouvoir être prise au sérieux. Saine évidence et pourtant… c’est non. Loin de moi.

Ah ! voilà ! Ce qui en revanche pourrait être probable c’est qu’ayant pris le micro pour une série d’émissions pour y lire l’une après l’autre, ces 685 chroniques inédites mises en ligne, mais jamais mises en onde, j’aurai ainsi déserté les touches du clavier. Tel un bouleversement fatal. La lecture de ces chroniques – pièces détachées d’un ensemble dénommé Radio Univers- auraient alors l’objectif de les réenchanter, en fustigeant la chose écrite pour faire l’éloge de l’oralité propre aux sagesses présocratiques. Possible. Et même j’avoue, il m’est à peine besoin de dire que l’idée, le mot et le reste me trottinent dans la tête. Mais non ! A ce jour, la raison n’est pas plus celle-ci. Loin de moi, encore une fois.

Par contre, il se pourrait bien, tenez, que je sois resté complètement scotché au charme de la belle langue chatoyante de la poésie, tissée comme un étoffe précieuse. Ou portée par le ruisseau et usée sur les pierres qui roulent et n’amassent pas mousse, cette langue sauvage et originale, déchirée ou fracassée, bref cette langue diverse et audacieuse, entendue le week-end dernier lors des rencontres poétiques des Polyphonies qui se sont tenues avec un beau succès à Rennes -bientôt disponible ici-même et en rayon sonothèque sur le site de la Maison de la Poésie de Rennes. Pendant lesquelles s’écoute une poétique radicale qui cherche à tirer d’elle des effets nouveaux et nommer parfois l’innommable .

Tenez ! rien que pour ré-entendre résonner la langue précieuse et abordable de ce jardin de la Villa Beauséjour, où se nouent l’art du jardin, l’art de la poésie et l’art d’effleurer, dans cet espace dédié à la poésie qui se paie le luxe d’être entièrement gratuit, où s’accrochent au lieu une singulière mémoire, une résonance et un reflet (dans le canal qui le borde), où se communiquent et se diffusent une impalpable émotion et une impression rassurante parfois inquiète, où toute phrase qui s’y entend combat avec ardeur le rétrécissement langagier diffusé en boucle sous l’effet du marteau-pilon médiatique, eh bien, chaque jour, à 11 h, à l’antenne de Radio Univers 99.9 fm et ici-même en ligne, il suffit d’écouter ces lectures pour constater l’inventivité du secteur d’activité, une nouvelle forme d’activisme en fait qui vise à faire de la place à la beauté malmenée de la langue contre son uniformisation à laquelle nous assistons, exigée par la nouvelle industrie des médias -« le poncif paralyse la langue » (Umberto Eco –entretien Le Monde 31 mai-1er juin).

Festival à proposition culturelle élargie pour cette dernière édition puisqu’aux lectures sous le grand cèdre et en péniche, s’ajouta la diffusion des films vidéos pour lesquels la radio est coéditrice. L’originalité et la beauté de ce cadre patrimonial des bords de l’eau, près des luxuriantes prairies Saint-Martin, font partie intégrante de ces rencontres poétiques, tranquilles et enrichissantes. L’idéal alternatif du « Small is beautifull » est ici grandement à l’honneur. Félicitations aux organisateurs !

D.D


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