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Solidarité radiophonique. N°638

Written by on 2 juillet 2014


Un aller-retour professionnel Rennes-Bordeaux, seul en voiture sur autoroute, m’a donné du temps fin de semaine dernière pour redécouvrir, passant d’une station à l’autre, ce qu’est devenue la bande fm. Et donc combien l’émission de Daniel Mermet « Là-bas si j’y suis » manquera au territoire national.

En rayant « Là-bas si j’y suis » de la grille de France Inter, c’est à un symbole de résistance à l’air du temps qu’on s’en prend. Qui plus est en réduisant cet emblématique vrai éducateur populaire à une forme de jeunesse révolue. Puisque éjecté au motif d’un rajeunissement. Caricatural ! Ou d’une perte d’audience. Voire les deux à la fois. Age et audiences, Mermet (lire ici) balaie ces faux arguments et invoque la raison politique. On ne saurait lui donner tort sur ce point.

Car je rapproche cette affaire Mermet à ce qu’en dit le réalisateur britannique Ken Loach à propos des médias en général.
« Les médias ont remplacé le prêtre d’autrefois qui, depuis sa chaire, nous disait quoi faire et ne pas faire. Ils contrôlent notre culture d’une manière très pernicieuse, en marginalisant les discours alternatifs. La pensée radicale ne suscite que la méfiance, elle paraît excentrique, déplacée, absolument pas crédible. »

Ken Loach continue ainsi: « En Grande-Bretagne, si l’on écoute la radio ou la télévision, notre pays n’a pas d’Histoire : l’économie s’effondre pour la première fois, l’extrême droite fleurit pour la première fois. Les enfants sont étourdis de cours sur la Deuxième Guerre mondiale, mais personne ne leur explique que des financiers soutenaient le parti nazi, lequel défendait les intérêts des grandes entreprises et de leurs actionnaires. Aujourd’hui – c’est terrible –, le chef de l’extrême droite anglaise devient populaire en insistant sur les méfaits de l’immigration. Et en militant pour la dérégulation, le libéralisme le plus dur et la suppression des impôts pour les plus riches… »

Dans ce territoire national -le nôtre- plus contaminé encore par les mêmes thèses d’extrême droite (lire ici), à l’heure où la classe politique française est en train de mourir sous nos yeux, la disparition de cette vraie émission d’éducation populaire offre une revanche inespérée aux idéologies inégalitaires.

Que dire d’autre : cela ne sent-il pas la « normalisation » à plein nez ? Quoi qu’il en soit, coup de tonnerre radiophonique ou pas, on peut toujours s’interroger sur les logiques qui ont présidé à l’arrêt. Ne se rapprocheraient-elles pas encore de celles qui avaient causé la mise à l’écart de Jean-Luc Blain -aujourd’hui décédé ? C’est pourquoi ré-écouter l’entretien que celui-ci nous avait accordé ainsi que le reportage sur les émeutes en Nouvelle Calédonie, peut éclairer sur les raisons évoquées par Mermet : « Je ne suis pas propriétaire de l’antenne mais je pense que derrière cet arrêt, il y a de la revanche, probablement des règlements de compte ».

Ce nécessaire vent frais radiophonique et poétique et journalistique et j’en passe… manquera lourdement au territoire national.

D.D


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