Capture d’écran 2017-04-18 à 17.31.17Directeurs de recherche au CNRS à la retraite, le sociologues Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon décodent depuis près de trente ans le monde secret des riches et leur rapport à l’argent. Ensemble ils sont auteurs d’une vingtaine d’ouvrages dont Sociologie de la bourgeoisie (La Découverte, coll. Repères, 2016), La Violence des riches (La Découverte, Poche, 2014) et Le Président des riches.

Leurs enquêtes menées « auprès des dynasties familiales les plus fortunées démontrent une violence de classe et un appétit de richesses et de pouvoirs insatiable auxquels il est urgent de mettre fin avant qu’il ne soit trop tard ».

A l’appui de leurs enquêtes, ainsi déclarent-ils dans une tribune récente « Le capitalisme atteint un seuil critique. Ses meneurs de jeu, sous le couvert de la compétence, derrière la complexité supposée et la nécessité d’efforts sans fin, contrôlent de plus en plus la société sous tous ses aspects. »

Notre entretien avec Monique Pinçon-Charlot, à écouter ici.

brouillardSous nos yeux, le mépris de classe – mais « la pensée néolibérale, catastrophe intellectuelle, (…) enveloppe la guerre des classes d’un brouillard dense, d’une nuit impénétrable ».

Sous nos yeux, ces « meneurs de jeu » nous obligent cette fois à détruire toutes les protections sociales. Car c’est bien à poursuivre la détérioration de nos conditions d’existence à quoi nous voue ce monde aberrant.

Sous nos yeux, ils nous font croire que ces choses sont inéluctables. Pourtant, mêlant enquêtes, portraits vécus et données chiffrées, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot dressent le constat : « Loin d’être l’œuvre d’un « adversaire sans visage », cette violence de classe, qui se marque dans les têtes et dans les corps, a ses agents, ses stratégies et ses lieux. » (Violence des riches).

En nous donnant à voir, en stimulant notre regard, ces sociologues aiguisent la possibilité pour chacun de penser par soi-même que ce monde est faussement inéluctable, et qu’il est tout à fait modifiable.

D.D