Capture d’écran 2018-10-04 à 22.18.43Voici ce jour une chronique semblable à un ralentisseur qui force l’automobiliste à ralentir. Qui retarde la remise des gaz. Autrement dit: à peine sortis de la précédente, je propose de lever le pied! Le temps de dissiper un peu la condensation qui colle aux vitres.

Ceci afin d’apporter un commentaire critique à la chronique abordant le phénomène mondial de librairie, l’ultra-libéral et trans-humaniste israélien Yuval Noah Harari, auteur de « « Homo Deus, une brève histoire du futur« » – à lire .

Pour ce faire, eh bien je souhaite faire usage d’un outil à ma disposition – comme fabriqué pour, ou du moins dont on peut faire librement usage selon le savoir-faire de celui qui rédige. A savoir d’un extrait de cet entretien avec l’anthropologue écossais Tim Ingold réalisé en mai 2017, à Aberdeen – à lire ici.

Mais cet extrait de la pensée de Tim Ingold, auteur de “Faire. Anthropologie, archéologie, art et architecture,” – à lire ici-, qui réhabilite un savoir par le bout des doigts, qui reprend contact avec la nature, vaut à mon sens pour l’ensemble des problèmes cruciaux dont notre époque doit faire face, y compris avec les dépôts de carbone qui nous collent aux vitres et plus encore!

« L’utilisation commerciale de la technologie a complètement détruit notre connexion avec le monde : elle nous a rendus moins sensibles à nos environnements. Mais nous ne devons pas blâmer la technologie elle-même à cause de ce que le capitalisme en a fait. Nous pouvons opter pour une approche expérimentale et trouver d’autres manières de l’utiliser. (…) Mais je n’en demeure pas moins inquiet à l’idée que, globalement, nous avons perdu une sensibilité immédiate à notre environnement – « nous » désignant ici les gens en général, ceux qui ne font plus attention à ce qui les entoure, comme nous devions et étions habitués à le faire auparavant. Chez beaucoup de personnes, la technologie a généré une forme d’immunisation, une sorte de corps-armure qui nous empêche d’avoir à négocier directement avec l’environnement. Et en même temps, nous avons peur de ce qui arrive à l’environnement (au sens écologique du terme). Nous proposons toutes sortes de chemins pour nous en sortir ou pour améliorer la situation, mais aucune ne fonctionnera tant que nous aurons cette insensibilité fondamentale. Il n’est pas possible d’utiliser une autre forme de technologie pour colmater les brèches que la première nous a permis de générer. Au contraire, il nous faut retrouver cette sensibilité, et découvrir des moyens pour le faire. Nous en revenons ainsi à la question de l’éducation, et à cette idée qu’il nous faut aujourd’hui développer une forme d’éducation basée sur l’attention et non sur l’intention. »

D.D

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ruCe qui a été dit et écrit ici-même autour de l’écologie de l’attention. Et de l’éducation avec le philosophe Nicolas Go.