Accès aux soins de la région de Dinan : mobilisation contre la fermeture nocturne des urgences. N°1255 bis
Écrit par admin sur 6 juin 2026
C’est été, il n’y aura pas de service d’urgence de nuit à l’Hôpital public René Pleven de Dinan. Ce qui signifie la suspension d’un refuge en nuit pour celles-et ceux qui n’ont pas les moyens de s’offrir des alternatives privées. La nuit quand la détresse frappe, fermer ainsi ce service c’est priver les plus vulnérables, c’est une forme de relégation de la population.
Ce qui signifie par ailleurs, à partir du lieu focal originel de La Chronique d’ici-même, le milieu rural du nord de l’Ille-et- Vilaine, que la trame sensorielle-existentielle est celle d’une mise à distance à l’accès aux soins.
En effet, cette décision envoie un signal de détresse territoriale, à savoir le même sentiment de relégation mais cette fois en rapport à la distance-temps moyenne qui passera de 18 à 20 minutes dans le cas normal d’une hospitalisation à Dinan, à de 30 à 40 minutes pour rejoindre les CHU de Rennes ou Saint-Malo. On le sait toutes et tous, par exemple en cas de problème cardiaque, la qualité de l’aide au soin n’est plus du tout la même. Parfois, la minute compte.
C’est cela dont il était question dans la mobilisation des hospitaliers de ce vendredi qui, lançant l’alerte, dénonçait « le recul majeur de l’accès aux soins pour plus de 100 000 habitants par la fermeture nocturne cet été des urgences ». Rappelant que le facteur temps pour un « juste soin » est tributaire du processus d’intervention que déclenche le médecin régulateur du SAMU à partir du pronostic vital ou fonctionnel d’une personne s’il est engagé à court terme.
Pour ces professionnels déjà en sous-effectif en temps ordinaire, il s’agit là d’une décision hors sol, eu égard à ce bassin de vie qui accueille, de surcroît, l’été la population touristique que l’on sait. Ce qui accentue la perte d’une certaine idée du prendre soin (le care), et l’effilochage du lien social.
D.D