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« Et si je meurs ? ». N°1039

Écrit par sur 6 avril 2022

Mise à jour: en date du 14 avril 2022. Cinquante jours après l’invasion russe, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) recensait, sur son site Internet, ce jour, 4 736 471 réfugiés ukrainiens. 

S’ils nous tuent, quelqu’un sauvera nos enfants « .

Mères ukrainiennes – inscription des nom et numéro de téléphone sur le dos des enfants.

Autre image de la guerre particulièrement hyperviolente quoiqu’en apparence familiale et paisible, est celle de la petite Véra de deux ans. Sur son dos, par sa mère ont été inscrites au stylo ses coordonnées au cas où elle se retrouverait orpheline.

Dans son discours au Conseil de sécurité de l’ONU, le président de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky, a parlé de cet événement horrible de ces mères qui ont peur de perdre leur enfant au cas où les parents seraient tués et où leur enfant serait sauvé.

Confrontées à la violence que subissent les femmes ukrainiennes en ces semaines, la première à le faire connaître sur internet a été Aleksandra Makoviy avec la petite Vera.

Et si je meurs ? ».

« J’ai écrit avec les mains qui tremblaient beaucoup. Je pensais au cas où quelque chose nous arriverait et que quelqu’un cherche des survivants. Ou même qu’elle puisse se perdre, ce qui, dans ma logique, n’arriverait que si j’étais aussi victime de quelque chose », a partagé Aleksandra dans un post sur Instagram vendredi. Elle a également écrit une note avec les informations de la jeune fille, les coordonnées de ses grands-parents et l’adresse de la famille, qui vit à Kiev. Le papier était conservé dans la poche des vêtements que portait la jeune fille. »

Aleksandra et sa fille ont réussi à quitter l’Ukraine sans avoir à utiliser ces informations. Aujourd’hui, elles sont réfugiées dans le sud de la France, où elles se sont rendus après avoir franchi la frontière avec la Pologne. « Nous avons été accueillis par des bénévoles, nous avons reçu un logement et nous avons été entièrement pris en charge », a écrit Aleksandra dans une publication sur Internet. Mais reste cependant sans information sur son mari. Selon les règles ukrainiennes, il est interdit à tous les hommes âgés de 18 à 60 ans de quitter le pays pendant la guerre.

Un temps, nous avons cru laisser loin derrière nous les atrocités guerrières à deux jours de route. C’est fini. Quoique beaucoup restent plus préoccuper à enfourner la pompe à essence pour un plein express, leur unique passion, qu’à se sentir possiblement réfugié à leur tour un jour. Se sentant en Europe à l’abri, du moins pas concerné par la mondialisation des vies chassées de chez elles. Voire plus à leur barrer la route quels qu’en soient la forme, les moyens ou les mécanismes de la chasse à l’homme.

En tout état de cause, le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, qui a « pour mission de sauver des vies, de protéger les droits des réfugiés et de construire un avenir meilleur pour les réfugiés, les communautés déplacées et les apatrides » à fort à faire. Car jamais depuis 1939, l’Europe n’a connu pareille crise humanitaire.

Selon le dernier décompte du Haut-commissariat aux réfugiés de l’ONU, plus de 4,24 millions de réfugiés ukrainiens ont fui leur pays depuis le 24 février. L’Europe n’a pas connu un tel flot de réfugiés depuis la Deuxième guerre mondiale, tandis que les personnes déplacées à l’intérieur du pays sont environ 6 millions.

Pendant la Seconde Guerre mondiale quelque 40 millions de personnes ont dû quitter leur foyer et chercher refuge à l’étranger ou dans leur propre pays. 46 ans plus tard, c’est aussi le sort de 2,4 millions d’habitants de l’ex-Yougoslavie, conséquence d’années de massacres et de nettoyage ethnique.

Dans ce classement tragique, les Syriens ont, malgré eux, une place d’honneur. Depuis 2011, en 11 ans de conflit, près de 7 millions de personnes ont été contraintes de fuir la Syrie, tandis que si l’on considère également les personnes déplacées, le nombre total de personnes qui ont perdu leur maison s’élève à environ 12 millions.

En 11 ans, la guerre soviétique en Afghanistan qui a débuté en 1978 a produit six millions de réfugiés. Les Palestiniens confiés à l’ONU sont près de 6 millions, les Vénézuéliens qui ont quitté leur pays depuis 2014 en raison de la situation politique et économique et de l’insécurité sont actuellement 3,8 millions. En 2003, la guerre de Bush en Irak a provoqué 2,2 millions de réfugiés. Selon l’autre commissariat aux réfugiés des Nations unies, il y a environ 20 millions de réfugiés dans le monde, dont 68% proviennent de cinq pays : la Syrie, le Venezuela, l’Afghanistan, comme nous le disions, et puis il y a les 2,2 millions qui ont fui le Sud-Soudan, ravagé par des années de guerre civile, et enfin la Birmanie, où les militaires ont persécuté la population rohingya ; plus d’un million ont fui.

Selon les chiffres de l’ONU, il y a maintenant 82 millions de personnes dans le monde qui ont été forcées de quitter leur foyer. Il y a 48 millions de personnes déplacées et un peu plus de 4 millions de demandeurs d’asile. Un pourcentage très élevé de ces 80 millions de personnes sont des mineurs. Et derrière chaque numéro, il y a un visage, un traumatisme, une histoire, un espoir, un désespoir. Et avec la guerre en Ukraine, ce nombre va augmenter.

D’autant que ce conflit sur sol européen est à double-fond. Ainsi convient-il d’intégrer la réalité de ses conséquences dans 74 pays en développement, touchant 1,2 milliard de personnes « particulièrement vulnérables à la flambée des prix des aliments, de l’énergie et des engrais », a affirmé mardi le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.

D.D

Ce qui a été dit et écrit ici-même autour de Volodymyr Zelensky. Ainsi qu’autour des réfugiés Syrienset autres regards de mômes.


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