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« Fendre un cheveu en quatre ». N°572

Écrit par sur 20 mars 2013

Que signifie ce dicton : « Couper les cheveux en quatre » ?

« Même si l’utilité de la chose n’est pas vraiment flagrante, il est facile à tout-un-chacun de s’arracher un cheveu et de le couper en quatre morceaux de longueur plus ou moins égales.

La notion de précision ou de détail que véhicule cette expression pourrait donc être difficile à comprendre; sauf si on sait que sa première version, au XVIIe siècle, était « fendre un cheveu en quatre » et que là, tout s’éclaire.

En effet, le challenge consiste, non pas à utiliser un hachoir ou une tronçonneuse pour découper menu le cheveu, mais au contraire, à vous munir d’un instrument d’une précision diabolique pour réussir à couper un cheveu en quatre dans son épaisseur.

On comprend donc alors que seules des personnes d’une méticulosité extrême, voire excessive, peuvent s’y essayer (à condition, quand même, d’avoir pas mal de temps à gaspiller – ça marche rarement du premier coup sans dégâts irréversibles). »

Mais les temps ont bien changé depuis le XVIIe siècle. Ainsi avec la microtechnologie n’est-ce pas devenu si facile ? Au point où même l’expression « fendre un cheveu en quatre » peut aussi, et de la même manière que dans le concret des choses, être élargie à toute activité humaine pouvant être saisie par un logiciel. Mais paradoxalement, l’on ne parle jamais d’un logiciel qu’il « fend les cheveux en quatre ». Pourtant quelle autre raison d’être d’un logiciel sinon d’avoir cette capacité ?

D’accord. Mais les temps ont-ils tant changé que ça depuis le XVIIe siècle ? « Fendre un cheveu en quatre », dans cette expression l’anecdotique c’est le cheveu. L’important est le verbe (disait déjà l’autre). Fendre. Cette expression populaire ne dissimulait-elle pas un vrai projet ? Une vrai obsession : comment donc s’y prendre correctement pour « couper les cheveux en quatre » ? Car finalement, petit à petit l’on y est arrivé. Et ça ne cesse de s’accomplir. Voir les nano-technologies. Du coup, le sens réel de cette expression pourrait apparaître assez éloigné de ce que l’on en entend dans le langage courant. A savoir, ce qui nous énerve dans un soin excessif pris pour faire quelque chose.

Fendre. N’a-t-il pas fallu s’arracher quelque cheveu pour perfectionner cette action, en améliorer les outils ? Non, ce n’est pas arrivé « comme un cheveux sur la soupe ». Quelques exemples. Pour fendre le tronc abattu, il suffit d’un merlin et de deux ou trois coins en acier qui facilitent la tâche. Avant qu’apparaissent les machines à fendre. Pour fendre le bloc de granit le picotou commençait par y creuser des fentes avec une massette et une pointerolle, puis y plaçait des coins et tapait dessus, le bloc alors se séparait. Quant à l’extraction à partir du massif rocheux, des trous étaient creusés en ligne pour y glisser des coins de bois qu’on arrosait abondamment. Une fois le bois gonflé le bloc se détachait du rocher. D’immenses blocs de granit y sont ainsi passés. Avant qu’apparaisse l’usage de l’explosif. Pas peu fier, je vous parle d’un pays de granit et de bois.

Depuis le XVIIe siècle ? Ce qui a changé ? En apportant une vue un peu panoramique, le dicton en question nous permet de visualiser le temps. Primo, pas de raison pour que les dictons soient mis en conserve. Deuxio, ce qu’il éclaire à ce point : au fond, le capitalisme libéral d’aujourd’hui n’a rien inventé de plus. Il s’est mis seulement à fendre. Pour vendre. Purement et simplement. Au cheveu près. Tout y passe. En cours: fendre l’Etat social et le bien commun. Ce roc qu’il sent friable pour les débiter. En l’espèce, un travail de débitage. Sans plus. Au coeur de la condition humaine. Tous et chacun sont face à un vandalisme déguisé en stratégies de débitage élaborées. Qui déploie bien des ruses. D’une grande exactitude mécanique. En fractionnant la tâche en un nombre n d’opérations complémentaires. De là le soin mis à « dégager ». Qui nous révolte au plus haut point.

D.D


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