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Que faire? N°518

Écrit par sur 22 février 2012

Que faire? La question qui vient assez souvent dans mon entourage depuis l’annonce de la candidature du président sortant qu’on entend à longueur d’onde sur tous les médias, est bien celle-ci: que faire pour qu’il dégage?

Un avis d’abord. Ne pas lui ressembler quand il tente avec grande brutalité d’hypnotiser, de séduire ou d’intimider autrui. Et jouant des peurs ou angoisses, de clouer au pilori les catégories de la population les plus faibles.

Puis, sous le slogan peu ragoûtant de « La France forte », quand il s’inscrit dans la poursuite de la vieille recette US mise en place au temps de Reagan (que poursuivra Bush) d’attaques des programmes publics sous la pression du capital: abaissement du niveau d’imposition des plus riches, financement de programmes militaires par la dette, d’où la dette qui file, et qui devient une excuse pratique pour s’attaquer aux biens publics et aux programmes sociaux. Dernier exemple en date: la TVA antisociale va assécher les ressources de la branche famille de la Sécu.

Que faire? Eh bien de rappeler quelques faits marquants comme s’apprête à l’écrire Alain Badiou. « Je vais publier un petit livre, intitulé  Sarkozy : pire que prévu. Les lois sur les malades mentaux m’ont beaucoup frappé, les lois sur la récidive, l’acharnement racialiste contre les minorités populaires de tous ordres, tout cela était prévisible mais cela a été plus obscènement pratiqué et mis en oeuvre que prévu. Sans compter évidemment l’atmosphère de légitimation de la corruption, la tentative de l’installer à ciel ouvert, l’idée que la société devait accepter finalement l’hégémonie de la richesse et que c’était ça la nature des choses. Tout ça a créé un contexte général que tout en ayant prévu que cela allait être mauvais, je le découvrais encore plus mauvais que je l’avais imaginé. Il a inventé des choses auxquelles je ne m’attendais pas. » affirme l’auteur du pamphlet « De quoi Sarkozy est-il le nom ? ».

Donc, pour répondre au « que faire? » face à de pareils vagissements tyranniques et maléfiques exhortant à la haine de l’autre et stimulant les pulsions agressives bien connues, voire parfois les plus basses de racisme, en ce qui nous concerne nous continuerons de solliciter encore et toujours la part intellectuelle de chacun.

C’est un pari. Le pari de considérer que nous soyons tous capables d’être persuadés et de persuader, ce qui est la base du principe démocratique. Les médias sont aujourd’hui les agoras. Considérant qu’ici c’est une petite agora, une « logosphère ». Parmi d’autres évidemment.

Alors qu’a-t-on à y faire et à dire dans cette petite agora moderne et technologique? Eh bien d’abord, en exergue de tout propos à venir à tenir ici, affichons ce que dit le philosophe espagnol Fernando Savater:

« Tout progrès en politique résulte de la recherche de l’égalité, jamais de la différence. Égalité dans le domaine de l’éducation, égalité homme-femme, égalité dans la protection sociale, assistance médicale pour tous, etc. Les sociétés les plus attardées sont celles dans lesquelles subsiste le plus grand nombre de différences. Voyez les castes en Inde ou chez nous, jadis, les ségrégations médiévales. L’idée que toute différence est bonne et toute égalité mauvaise est une idée absurde et nuisible. Affirmer que la grande richesse des êtres humains est leur diversité est un mensonge. Leur richesse est dans leur ressemblance. C’est parce que nous nous ressemblons que nous pouvons collaborer, traduire nos idées d’une langue à l’autre, que nous pourrons un jour penser une gestion commune de la planète. La différence est un fait, mais la ressemblance est un droit pour lequel nous devons lutter. »

Alors évidemment face à un président candidat qui sème et diffuse la haine et la vindicte populaire au nom de ces prétendues valeurs, qui cherche à séparer, à diviser en pointant tel ou tel bouc-émissaire, à opposer les uns aux autres, et à dresser des frontières, on ne peut pas rester sans agir, sans dire, sans faire. Car cette attitude brutale que l’on a subi durant ce mandat présidentiel qui touche à sa fin, est strictement l’inverse de celle que l’on souhaite ici promouvoir avec Fernando Savater.

Ici, la part intellectuelle de chacun y restera solliciter notamment afin de contribuer à bien positionner l’enjeu d’ici les deux mois qui restent. Cela de la façon énoncée par l’anthropologue Emmanuel Todd, il y a quelques jours dans une émission de télé. Ce qu’il se joue, disait-il, dans ces présidentielles c’est un référendum. Un référendum dont la question est: pour ou contre le caractère traditionnellement égalitaire de la société française? L’écart entre riches et pauvres était resté au fil du temps presque le plus faible du monde, jusqu’à ce dernier quinquennat.

Emmanuel Todd qui, dans son dernier ouvrage « L’origine des systèmes familiaux », identifie et définit une forme originelle, commune à toute l’humanité : la famille nucléaire. Ainsi pour lui, la famille nucléaire égalitaire du Bassin parisien, structurée par les valeurs de liberté des enfants et d’égalité des frères, légitimait l’idée a priori d’une équivalence des hommes et des peuples. C’est cette idée qui, à l’évidence, est au coeur de la ré-élection ou non du candidat président. L’écouter à notre micro.

D.D


Les opinions du lecteur
  1. françoise   Sur   23 février 2012 à 8 h 33 min

    Oui…mais…
    Quand, à cette question qu’on lui pose:
    « Est-ce que vous vous saisirez du levier du vote pour tourner cette page du sarkozvsme, en espérant que l’alternance ouvre la possibilité d’une alternative ? »

    Badiou répond:

    « Je ne voterai pas, mais ce serait une autre conversation. Je suis trop attaché à l’idée d’une alternative au sens fort pour jouer personnellement le jeu de la petite différence. La seule argumentation qui pourrait me convaincre serait celle selon laquelle l’alternance ouvrirait des possibilités d’action de masse que Sarkozy verrouille. Les conditions actuelles de conviction et d’organisation des forces populaires ne me semblent pas autoriser une telle prévision. Je pense que nous devons dépasser le temps où l’on veut accrocher les désirs de justice qui sont les nôtres au train d’une« gauche » en perdition.

    J’ai vu tant et tant de fois l’aspect spectral des « déçus de la gauche » que je ne veux plus, que je ne peux plus, fréquenter le cimetière des espérances électorales.

    Alors…que faire?

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