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Vers la haine ? N°605

Écrit par sur 13 novembre 2013

Suite à la Chronique précédente. Ce 11 novembre a eut aussi chez moi un retentissement particulier. Des attaques pour l’instant verbales ont été adressées à celui qui représente la République et par contrecoup je me suis aussi senti touché. Car les deux frères de mon grand-père ne sont jamais revenus des tranchées de Charleroi.

Leurs corps n’ont d’ailleurs pas été retrouvé. Seuls deux cadres noirs comportant chacun l’hommage officiel de la République française « Mort pour la France » ainsi que la Croix de guerre, témoignent de leur courte existence sur terre. Leur vie a donc été consacrée à la République. Pas réchappée à la boucherie. Quant à mon grand-père, comme il fut réformé pour un handicap physique à un genou, il a pu me dire combien la guerre était lâche et injuste. Parce qu’à travers les sifflets proférés durant la cérémonie d’hommage aux disparus de toutes les guerres, c’est à la fois la République et ses valeurs les plus fondamentales qui ont été attaquées, mais aussi la mémoire entre autres de mes grands oncles disparus.

Je m’interroge par ailleurs sur ce que cache aussi cette marée de gwen-ha-du qui déferle avec le bonnet en fil d’Ecosse. Quelles sont les modalités d’action délibératives qu’ils se sont fixés ? Aucun média, ni observateur attitré, ni personnalité politique ne fait remarquer qu’à la différence des autres mouvements ouvriers ou étudiants, là aucune assemblée démocratique ne se réunit. Aucune parole collective découlant d’une agora quelconque n’existe. Qui dirige ? Qui décide ? Quelle est la représentativité de ce mouvement ? Bref en quoi ce mouvement est-il démocratique ? Ces questions si souvent mises en avant par les médias qui ont cette rengaine aux lèvres en ce qui concerne d’autres mobilisations, pourquoi aujourd’hui ne sont-elles jamais énoncées ? Grave.

Il n’est pas inutile de rappeler à ce point du mouvement que la vie politique est entièrement régie par la parole. Car la parole est fragile. Parfois errante, d’autres fois captive, elle est toujours menacée par plus forte qu’elle. Et pour l’instant chez les bonnets rouges, la parole démocratique est inexistante.

Quant à la question du gwen-ha-du. Dans d’autres mouvements fleurissent un paysage bariolé fait d’une multitude de drapeaux, etc. Là, un étendard ! celui des collaborateurs pendant la guerre (à l’origine, un « drapeau fasciste ». Lire Blanche hermine noir drapeau). Quel média pose-t-il cette question ? Zéro personne. Alors que c’est à deux doigts de basculer du côté du ressentiment haineux. Pour le plus grand bonheur des possédants. Ceux-là même qui demandent plus de subventions et moins de taxes. Comme en 14 et 36 dans l’intérêt des 200 familles ! Grave.

La chanson est connue : « Il est comme ça le Breton : courageux, bagarreur, ne se laissant pas dicter sa loi, amoureux de sa liberté ». Etc. Elle donne dans l’exaltation identitaire. Seulement voilà, la ferveur est toujours dangereuse.

Sans nier l’aggravation de la situation sociale, la perte de confiance dans l’avenir et le doute sur soi-même face aux bouleversements du monde, rien ne justifie en quelque sorte la marche au pas, drapeau indépendantiste en avant, vers une sorte de haine codifiée qui peut devenir la seule passion politique: casser l’héritage du Conseil national de la résistance et une conception de la loi comme supérieure aux intérêts particuliers.

Serions-nous revenus si près des années 3O ? Car parmi les activistes d’extrême droite qui grouillent parmi les-dits « bonnets rouges » qui brûlent les radars, ré-apparaissent ainsi les héritiers revendiqués de la Bezen Perrot, la milice bretonne. Qui de fait renaît de ces cendres.

Enfin, quand on observe bien ce mouvement il apparaît étonnant de voir combien il aime mettre le feu. Très préoccupant.

S’ajoute le retour de l’insulte abjecte du journal Minute sur Christiane Taubira… Oui, ce terreau-là ressuscite les pires vents de l’histoire. Et non, les bonnets rouges comme le gwen-ha-du ne représentent pas les Bretons.

D.D


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