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A l’heure du « climate breakdown ». N°1128

Écrit par sur 27 décembre 2023

Une promenade sur le Chemin des Dieux, à partir d’Agerola dans les montagnes Lattari, fait revivre la fête païenne du solstice. Le point le plus bas du soleil en milieu de journée annonce l’hiver. Ce 21 décembre n’en porte pas la trace, le jour brillant chaleureusement sur le chemin tendu entre ciel et mer.

Le panorama surplombait la côte amalfitaine de façon spectaculaire, mais j’admirais davantage le travail humain de générations qui ont construit des balcons de terre, des murs de pierres sèches sur les pentes pour obtenir des terres à cultiver. Avec les terrasses, ils ont gagné chaque mètre carré horizontal.

Le chemin entre Agerola et Positano est dédié aux dieux. Des millénaires de monothéisme ne les ont pas chassés de leurs lieux d’origine.

La Méditerranée a été le lieu le plus polythéiste de l’histoire de l’humanité. La beauté de ses rivages, la dureté de ses conflits, ont inspiré des autels, des temples, des cultes, des cérémonies.

Les langues grecque et latine ont chanté et célébré les divinités les plus légendaires.

Détrônées par la théologie hébraïco-chrétienne, elles perdurent dans les mythes, dans la littérature, donc, et ce pour toujours.

Le jour du solstice d’hiver, dans la promenade organisée par la vertueuse municipalité d’Agerola, j’ai perçu la présence souriante des divinités qui précèdent celle dont on célèbre la naissance. « 

Erri De Luca, écrivain – sur le blog de sa fondation, texte en date du 25/12/2023.

Rappelons que ces Dieux, loin d’être l’équivalent de la théologie monothéiste citée, servaient à souligner les faiblesses et méconnaissances des hommes face aux pouvoirs de la nature.

Tels que Zeus qui contrôle le tonnerre et les éclairs; Poséidon, le dieu des mers, de tout ce qui était lié à l’eau et des tremblements de terre; Démeter, déesse des céréales et des moissons; ou Hadès, le dieu des morts. Ou encore Hélios, le dieu du soleil; Chioné, la déesse de l’hiver, du froid, de la neige et la glace; Hugi, déesse en charge de la santé; Hébé, pour la jeunesse et la vigueur; Géras qui personnifie la vieillesse; Janus, le dieu des portes; Hédoné, la déesse grecque du plaisir et de la sensualité.

Autant de vieilles et belles histoires réjouissantes à l’origine de notre civilisation, ce qui n’est pas rien.

Mort en 2007, comment l’helléniste, professeur au Collège de France, Jean-Pierre Vernant nous en parlerait dix-sept ans après ? A la lumière des désordres climatiques, des guerres et de la pandémie ? Lui qui considérait que cette connaissance mythologique par laquelle l’on voit l’homme tenter de déchiffrer l’univers qui l’entoure où il n’est pas sûr d’y être si bien accueilli, était plus que jamais nécessaire dans le monde d’aujourd’hui.

Serait-ce par un rappel à ces vieilles légendes de héros et de dieux torpillées par cet Homme du monothéisme, dit Maître de la nature qui conduit celle-ci à sa ruine ? Comme en témoigne Antonio Guterres de l’ONU qui, en 2023, a sonné l’heure du « climate breakdown« , traduite en français par « effondrement  » ou « bascule climatique  » (températures jamais vues, sécheresses extrêmes, fonte des glaces, pluies diluviennes…).

Face au risque d’atteindre pour de bon une situation hors de contrôle, les générations futures n’auront-elles que ces dieux comme seul recours pour se sauver, et comme à Gaza, leurs yeux pour pleurer ?

D.D

Ce qui a été dit et écrit ici-même autour du solstice d’hiver. Et du Chaos climatique. Ainsi qu’autour de la Palestine.

 


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