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Ch4. N°913

Written by on 6 novembre 2019


Un méthaniseur rejette autant d’azote qu’il en ingurgite à travers les déjections du bétail, et, une fois dans l’air, la quasi-totalité de cet azote devient de l’ammoniaque, qui forme à son tour du protoxyde d’azote, un gaz à effet de serre. L’ammoniaque génère aussi des particules fines, ces fameux micropolluants soupçonnés de provoquer des cancers du poumon. »

Eaux et Rivières de Bretagne – étude de 2015 sur la méthanisation.

Nous étions 70 à 80 personnes à la première réunion d’un collectif combourgeois monté en opposition à un projet de méthaniseur – l’un des quatre en gestation aux quatre points cardinaux de l’agglomération, soit non loin des habitations. Bon, je l’avoue, pour moi jusqu’alors la méthanisation comme source de production d’énergie renouvelable, j’étais pour. Jusqu’au moment où l’on vient me démontrer le contraire. La promesse était trop belle.

Voilà. J’apprends ainsi que les bonnes intentions écologiques de départ sont en cours d’être complètement détournées. Par les instigateurs du projet bernés par leurs belles illusions dans la course à l’échalote, les conflits d’intérêts d’élus municipaux plus l’amoncellement de lâchetés et de conneries des autres, et la haute finance de la distribution d’énergies (Engie, etc.) qui soutirera à bas prix le produit gazier sous sa forme extrême du capitalisme. Cela signifie qu’au nom des énergies renouvelables il se construit de toutes pièces une abomination environnementale.

Encadrés auparavant par une réglementation stricte à laquelle devaient satisfaire les projets agricoles, celle-ci a été, sous ce gouvernement, déconstruite. Si bien qu’en saucissonnant méthodiquement ces projets, afin qu’ils puissent passer outre les seuils contraignants – l’enquête publique pour ne devenir qu’une simple consultation-simulacre affichée sur le site de préfecture dont on fait rarement usage dans la vie courante-, il se fabrique sans nul contrôle de mise en oeuvre ni bonne évaluation des risques environnementaux, ce qui va bousiller nos paysages, nos ressources en eau, et notre bien vivre dans le futur.

Les critiques portent évidemment surtout sur les nuisances olfactives. Qui ne s’arrêteront pas au cercle des 100 mètres de diamètre tracé sur le plan à partir du site d’installation retenu qui, sans aucun complexe, fait fi de la topographie et de la direction des vents qui, faut-il rappeler, n’en ont que faire dudit cercle.

Car face aux vents, l’affaire s’annonce sérieuse. Question d’empester l’atmosphère en Bretagne, 1000 unités industrielles de méthanisation y sont prévues au regard du « gisement ». Que l’on ne s’étonne pas que ça rend, ici ou là, pour le moins un poil nerveux d’être collectivement exposé à l’avenir à la puanteur des fosses où se stocke le digestat liquide, à l’air libre, c’est-à-dire à l’odeur d’un mélange d’œuf pourri et de pisse ! Lire ici.

Eh bien, je rends grâce ici à ce soulèvement d’habitants des villages voisins de m’avoir ouvert les yeux. Car leur travail d’opposants est remarquable au regard des premières actions de pédagogie et de contestations avec recours juridiques dans les cartons. Bien que ces personnes mobilisées, les riverains, n’aient pas le profil classique des militants écolos. La colère est palpable, et la prise de conscience populaire. Voilà qui rassure !

Ainsi ai-je appris que la méthanisation ne réduit pas les gaz à effet de serre – elle transforme le carbone vivant en gaz – le méthane dont la formule chimique est Ch4 – qui sera brûlé. Bien au contraire, elle l’aggrave : « le méthane a un potentiel de réchauffement 25 fois plus puissant que celui du dioxyde de carbone ». Lire ici.

Les énergies renouvelables ayant bonne presse, le développement accéléré voulu par le gouvernement de la méthanisation est en passe de devenir un modèle industriel qui accaparent des terres, gaspillent des productions qui ne servent plus qu’à alimenter des méthaniseurs et non à nourrir des animaux, nous alerte la Confédération paysanne.

Et des dérives déjà présentes en voici le menu : détournement de l’usage alimentaire des terres, accaparement des subventions publiques, spéculation foncière, pollutions, épuisement de la matière organique des sols, traffic routier accru de citernes gros tonnage de déchets et d’effluents, etc.

Des dérives à l’encontre desquelles s’élève aussi la Fédération bretonne de France Nature Environnement : « En se transformant en énergiculteurs, les agriculteurs renoncent à la vocation nourricière de l’agriculture. » Lire ici. Ainsi que ce reportage-.

Sur le plan des autorités, les opérations se déroulent en bon ordre, sans rien oublier, allant droit vers l’enlaidissement du monde avec cette odeur d’outre-tombe. L’odeur de la mort. Serons-nous contraints bientôt à apprendre le nom des vents ? Et le nom des pillards du bien commun ?

Au Pont Saint-Martin, lieu-dit d’implantation du projet, nous sommes sur un terrain stratégique, maintenant, où les choses se renversent. C’est le sens du message virulent que délivre ce collectif de riverains : la qualité de l’air a une valeur. Une vraie valeur, c’est-à-dire non marchande dont tout le monde devrait prendre soin. L’air comme la mer, ce n’est pas un vide laissé à disposition de quelques poignées d’individus cupides pour qu’ils y dégazent en toute impunité.

D.D

Ce qui a été dit et écrit ici-même autour du Chaos climatique


Reader's opinions
  1. Françoise   On   7 novembre 2019 at 15 h 57 min

    Si je peux me permettre, le lien vers le dossier de cette création d’unité de méthanisation pourrait être donné :
    http://www.ille-et-vilaine.gouv.fr/content/download/44572/312802/file/SAS%20M%C3%A9tha%20JC_Enregistrement_CDT%20et%20annexes_v2.pdf
    Et les chiffres des 97tonnes d’intrants/ jour (soit 35450 tonnes à l’année) démontent d’eux-mêmes certains points du dossier :
    Par exemple :
    « Le process en lui-même ne nécessite pas d’eau, le lisier et une partie des déchets traités étant déjà liquide. Les opérations de lavages auront lieu de manière ponctuelle (bennes des camions et des hublots du digesteur…): consommation évaluée à 20 m3/mois. Pas de puits ni forage, uniquement sur le réseau »
    Comment faire coïncider les 415 000 € de terrassement annoncés avec ceci :
    « Quelques travaux de terrassement seront à prévoir pour nivellement et empierrement.Le projet n’implique pas de rejet dans le milieu naturel »
    Et quelle désinvolture dans ce : « Le projet engendre la production de divers gaz (NH3, poussières, NOx…) »
    Il faut souligner que la méthanisation consiste à travailler avec du vivant (des bactéries), et nombre de constructeurs ou bureaux d’étude traditionnellement positionnés sur le secteur des énergies renouvelables se sont révélés défaillants dans ce domaine particulier et que les porteurs de projets agricoles sont systématiquement confrontés à des difficultés de rentabilité de leur unité du fait de projets mal étudiés : pour vendre un projet, les charges sont minimisées, les unités sont surdimensionnées, les études sont systématiquement erronées quant aux potentiels énergétiques réels des intrants. De plus, ces agriculteurs sont également systématiquement confrontés à des problèmes techniques au démarrage de l’installation (fuites notamment), qui demandent des réajustements de la part des constructeurs.
    Ces « fuites » dont on ne parle jamais, se mêleront à l’ammoniac au protoxyde d’azote et à l’hydrogène sulfuré, qui bien sûr, comme l’a fait le nuage de Tchernobyl, sauront s’arrêter au beau tracé du cercle qui figure sur les plans !

  2. admin   On   7 novembre 2019 at 20 h 15 min

    « Ainsi d’après l’article A2, du titre IV, section 1 « Dispositions applicables à la zone A » du PLU de COMBOURG, les occupations et utilisations du sol admises sous conditions comprennent :
    2.3. Les travaux liés à la diversification des activités agricoles (locaux accueillant du personnel tels qu’un laboratoire de transformation, ou du public tels la vente directe, l’accueil à la ferme, les gîtes …) sont autorisés sous réserve de respecter un recul d’au moins 100 mètres par rapport aux bâtiments d’élevage relevant d’une autre exploitation agricole.
    Ainsi les travaux prévus par la SAS METHAJC concernant un projet d’unité de méthanisation agricole (plus de 60% des intrants proviennent de l’élevage, ou de matières et déchets végétaux), rentrent dans le cadre des constructions autorisées (point n°2.3) et répondent aux exigences du PLU de COMBOURG. »

    A cette lecture, l’on peut constater un détournement malhonnête de l’esprit du PLU. Ce projet de 5 millions et demi d’euros ne peut être qualifié de « diversification des activités agricoles ». Car, dans l’esprit du PLU, cette rédaction ne peut faire référence qu’à une activité d’accompagnement, mineure. Sans quoi, considérant la révision récente du PLU, ce type d’installation nouvelle aurait été précisée. En l’état, les 3 petits points … ne peuvent être invoqués pour autoriser un projet d’une telle envergure. Il s’agit ni plus ni moins d’une interprétation abusive.

    De plus, « diversification des activités agricoles » signifie en toute logique activités existantes. Or s’il y a création d’une SAS, cela veut dire qu’il n’y a rien d’existant. Là encore, il y a détournement du droit de l’urbanisme.

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