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Chaud devant ! n°10.

Written by on 5 février 2010

La Grèce, en ce moment même, est dans une situation plus que difficile. L’endettement du pays est tel que lui est imposé un plan d’austérité sans commune mesure. Ce qui est demandé au gouvernement grec pour qu’il puisse continuer à emprunter, c’est de démontrer aux marchés financiers sa capacité à rembourser les créances que le pays a auprès d’eux. D’autre part les taux auxquels les grecs vont devoir emprunter sont en train d’être revus à la hausse par ces mêmes marchés. Ceux-ci voient là évidemment une opportunité pour « saisir les biens » de ce pays avant qu’il ne soit définitivement à genoux et qu’enfin les capitaux s’en aillent vers d’autres cieux. Cette situation actuelle de la Grèce ressemble étrangement à celle de l’Argentine de 2001, qui était de la même manière dans l’incapacité de rembourser ses créances. Or tout cela n’est pas le seul apanage de la Grèce, d’autres pays en Europe sont sur le point de basculer : le Portugal, l’Espagne vont connaître la furie des marchés financiers. Et ce n’est pas fini, à ce rythme, d’autres pays suivront en Europe ( Angleterre, Italie, Irlande…) et aux USA ( Etat de Californie, Etat de New-York…). Bref ce qui est en train de se passer là-bas, en Grèce, pourrait tout à fait préfigurer ce qui nous attend ici, si rien n’est fait pour changer la donne. La vision peut paraître bien alarmiste mais elle est celle qui paraît, dans le système actuel, la moins improbable.*

S’arrêter là ne suffit pas pour décrire la situation grecque. On se souvient aussi des insurrections et des grèves générales d’il y a un peu plus d’un an. La Grèce à l’époque était déjà financièrement mal en point. Et on ne peut manquer de faire le lien entre la situation d’endettement du pays vis à vis des marchés financiers, répétons-le, et le refus insurrectionnel de la grande majorité des grecs devant cette situation imposée. Parce que la seule solution selon leurs dirigeants, comme tous les dirigeants actuellement soumis à la doxa néolibérale, est de geler les dépenses publiques, de supprimer le « bouclier social », de détruire les droits sociaux, etc… Ce n’est pas nouveau, on l’entend tous les jours, on culpabilise les gens parce qu’ils font « peser leur dette sur la tête de leurs enfants ». On leur dit ensuite que l’endettement de l’Etat est dû au régime des retraites, à la Sécurité sociale, aux fonctionnaires, etc… Et ce discours est très puissant : parlez de la dette de l’Etat à quelqu’un et presque instinctivement il ressortira ce genre d’arguments. Bref de l’idéologie en barre qui permet de ne pas se poser de question sur l’origine réelle des dettes publiques. Pour en revenir à la Grèce, aujourd’hui, c’est donc un nouveau plan d’austérité qui a été présenté aux marchés. Déjà les syndicats grecs lancent des appels à la grève pour les semaines à venir. Et tout cela risque d’être chaud parce que depuis 2009 la tension reste toujours très vive.

Ce qui est en train de se jouer là-bas à travers ce plan d’austérité, et que l’on connaîtra ici dans peu de temps, c’est donc simplement l’accélération de ce mouvement de destruction de tous les acquis sociaux, de tous ces mécanismes de redistributions des richesses au peuple. C’est par ces mécanismes de la dette que les richesses d’un pays sont siphonnées jusqu’à ce qu’il ne reste rien de rentable. Les pays du Sud en savent quelque chose. Mais ce qui va être mis en relief aussi c’est de savoir comment les gouvernants vont-ils pouvoir faire passer ces plans à leur peuple. Et ce, alors qu’il va devenir de plus en plus clair que cette dette publique est en réalité dûe au fait que les Etats, depuis trente ans maintenant, ont supprimé les impôts qui pesaient sur ces acteurs financiers et que d’autre part ils se sont endettés pour sauver les banques. Comme le disait il y a peu le premier ministre portugais Soares, ces marchés financiers veulent faire payer à son pays le fait qu’il ait participé à leur sauvetage durant la crise. Comme si une personne que vous aviez sauvé en lui faisant du bouche à bouche, une fois remise sur pied, s’employait ensuite à vous étouffer. Ici le mot qui convient pour qualifier ces marchés n’est rien d’autre que celui d’oppresseurs. Oppresser, dans le Petit Robert signifie « gêner quelqu’un dans ses fonctions respiratoires, comme en lui pressant fortement la poitrine ». Ceci installé, une autre chose à savoir : le seul moment où l’Etat français a fait défaut a été aussi celui qui donna lieu à la Révolution.

* voir le blog de Paul Jorion pour des analyses détaillées.

M.D


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