Current track

Title

Artist

powered by Advanced iFrame free. Get the Pro version on CodeCanyon.

Titre diffusé : 

powered by Advanced iFrame free. Get the Pro version on CodeCanyon.

Background

Chroniques. N°752

Written by on 14 septembre 2016


tumblr_mj90wpj5zb1r5j4ngo2_500Voici un bail: 14 ans et demi passés que ces Chroniques du jeudi sont mises en ligne le mercredi soir à 20h -hormis ici et là de menus retards. Donc apparaissent avec une régularité exemplaire -permettez l’auto-congratulation. Mais qu’est-ce que cette Chronique au juste?

Pour y répondre allons voir ce qui se dit à ce sujet. Voici quelques mois, Danièle Sallenave, de l’Académie française, a publié un recueil de ses chroniques parues dans un journal régional. La définition qu’elle donne de cet exercice d’écriture est celle-ci: « Une chronique, c’est une petite pierre dans le grand édifice commun du débat, de la discussion démocratique, une proposition d’éclaircissement de quelques questions publiques et privées. Un mode d’écoute et de participation. Une manière d’être attentif aux caprices passagers ou aux mutations durables de la société, en élisant des mots, des situations, des événements révélateurs. »

Sans gaieté particulière, telle définition est bien plate. Cette éminente académicienne-chroniqueuse la rate parce qu’elle enferme médiocrement tout dans un schéma, avec une réponse prédonnée elle cloue au sol. Bref la platitude. Elle a raté le secret. Seule l’évocation de la « petite pierre » m’enchante.

le-fabuleux-destin-d-amelie-poulainExpression qui renvoie par rebond à ricochet. Comme déjà l’avait noté notre amie Françoise il y a six ans: « Alors, la Chronique ? ça me fait penser aux ricochets… Un simple caillou tout simple mais léger, plat et lisse nous permettait, en cherchant un angle efficace, d’obtenir le plus grand nombre de rebonds sur la surface de l’eau. Avec la chronique, c’est un peu ça : On descend le mercredi soir, mine de rien vers un ruisseau, on y trouve un p’tit caillou et bzzzzz… il file, faisant naître des ondes circulaires, bonds rapides et successifs qui nous entraînent on ne sait jamais où à l’avance mais le plus loin possible…  » (lire ici). Restons-en là.

A ceci près cependant qu’on pourrait dire: ce projectile dont la force de portance s’exerce d’ordinaire au contact des eaux calmes grâce à un coup de poignet astucieux, la vitesse du lancer, l’inclinaison du galet et sa vitesse de rotation, eh bien appliqué ici à cet acte d’écriture hebdomadaire je le qualifierai en toute modestie par ce qui suit: éminemment solitaire et ouvert, poétique (mais pas au sens convenu de ce mot) et amical. Bien sûr, cette « amicalité » n’ignorant pas le conflit, comme l’évoque le philosophe grec Kostas Axelos.

Et à l’observer il faut compter sur l’effet gyroscopique et donc imprimer à ce « résidu de mégalithes », dès le départ, un mouvement de rotation. Dit dans sa version Chronique: un mode d’être. Une position. Quand l’heure approche… Et ça sur l’eau comme sur internet c’est pas gagné d’avance !

Et puis comme un galet qui marche sur l’eau, il y a une tonalité -à tout point de vue, rien de commun avec la pierre posée dans l’édifice. Et dans ce cheminement de surface, un titillement de la vague…

 » L’homme a-t-il besoin de la vague qui vient du fond de l’océan? Et elle de lui? Pour qu’elle soit reconnue comme vague l’homme est nécessaire, et l’homme est constamment submergé par la vague. Par-delà celle-ci, se dessinerait-il un autre rivage? La question de l’autre, de l’altérité pose des questions presque insolubles à la pensée et non pas seulement à la pensée. Si les hommes semblent être toujours au creux d’une vague, remonter à la crête est un besoin souvent démenti. » (Kostas Axelos- « en quête de l’impensé »).

Pour finir, je dirai que, lancée jambes fléchies au ras du sol et corps ployé en arrière, cette Chronique-ci, avec son clap-clap, ses rotations et ses petits glissements, fait sereinement circuler des choses. Par exemple les derniers mots du même Axelos, un moraliste sur l’humaine condition : « Curieux « destin » singulier d’une humanité qui, sans cesser de se vautrer dans ce qui lui est le plus accessible, a le regard porté vers les étoiles. »

D.D

Ce qui a été écrit et dit ici-même autour de Kostas Axelos. Et de Radio Univers.


Reader's opinions

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.


Continue reading