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Vision de la France. N°527

Written by on 25 avril 2012

De quoi la France a-t-elle le dégoût ? Et d’abord de quelle France s’agit-il ?

« (…) Voyons ce qui se voit. De ce qui se voit que peut-on en voir, que voit-on de ce qui se voit ?
Question posée sur un mode inhabituel car nous sommes habitués à ne pas voir. Il est très difficile de rendre compte de ce qui se voit dans ce qui nous est donné à voir.
Par exemple un film cela ne montre rien. À 99% on ne sait rien s’il n’y a pas de son. Dans la production cinématographique mondiale, il n’y a quasiment aucun film qui n’ait besoin d’un son (ou d’un carton annonce dans les films muets).
Il n’y a qu’à faire une comparaison entre le cinéma et la peinture de Cézanne, de Rembrandt ou de Piero della Francesca. Quand on voit les tableaux de Cézanne, on voit, on ne voit pas quelque chose qui est dit être quelque chose, mais on voit ce que Cézanne fait voir : un point c’est tout. Quand on voit les villes complètement stylisées, plus ou moins énigmatiques, féériques de Piero della Francesca on voit ce qu’il a vu.
Malgré toutes les différences de style entre les peintres, ils ne représentent pas quelque chose mais ils font de la peinture, ce qui est tout à fait différent que de faire de la représentation. Ce que fait le cinéma, ce que nous faisons tous puisque nous sommes dans la représentation. Mais quand il y a peinture, nous sommes hors de la représentation. La peinture ne représente pas quelque chose mais la peinture représente une vision qui nous interpelle et nous voyons cette vision : il n’y a pas de représentation. je prends cet exemple car il est une chose qui paraît évidente qu’on ne questionne jamais, c’est : Qu’en est-il de ce qu’on voit du visible ? Et ce n’est pas un hasard si, depuis un siècle, il y a de la crise de la peinture, si cette crise est patente à un moment donné du capitalisme. Parce que précisément être dans le capitalisme c’est n’être jamais dans : qu’est-ce qu’on voit du visible ?
Dans le capitalisme on ne voit pas du visible, et de ce point de vue là les analyses de Debord sont assez éclairantes ; on ne voit pas le visible on est spectateur du spectacle. Mais qu’est-ce qui se donne à être notre spectacle dont on doit être le spectateur ? Ce qui se donne ce n’est jamais le visible mais le réel. (…)» Ainsi écrivait Jean-Paul Dollé.

Bon voyez cet extrait de texte aborde la peinture. Pas seulement. Disons dans un premier temps ça me sera déjà utile pour aller visiter l’expo « Edgar Degas et le nu » à Paris. Degas s’intéresse aux femmes dans une activité quotidienne intime (bain, coiffure, repos), « il livrait une vision naturaliste où les femmes sont imparfaites, dans des positions disgracieuses », souligne le commissaire de l’exposition. En les représentant dans leur salle de bain, « c’est une manière de dire: ‘je me place en observateur du monde contemporain et le replace dans son environnement' ».

Ah! Prendre une journée de congé. Se rendre à Paris pour une expo. C’est pas long et pourtant pour moi c’est des vacances… Bon, je reviens à mon propos : ce que l’on verra de Degas c’est non le réel mais ce qu’il me donne à voir. Sa vision du corps de la femme et non sa représentation.

Bien compris : «nous sommes habitués à ne pas voir ». Et « Qu’en est-il de ce qu’on voit du visible ? » D’où ce deuxième temps : ne nous arrêtons-pas à la peinture, élargissons l’angle de vue. Elargissons-le à la société entière. C’est plus difficile encore. D’accord. Mais ça relève du même exercice.

Alors de quelle France s’agit-il ? Bon, à première vue c’est du très vague. Ou du figé. Appliquons des deux manières précisées ci-dessus ce que nous venons d’apprendre.

Première manière.
-La voir hors de la représentation. Il ne s’agit plus de peinture mais de politique. N’est-ce pas un peu pareil ? Dans ce cas, la politique ne représente pas quelque chose mais la politique « représente une vision qui nous interpelle et nous voyons cette vision : il n’y a pas de représentation. » ça nous rapproche de la formule gaulliste consistant à rassembler les Français autour de cette idée. De Gaulle disait que « La France est une idée ». Un point c’est tout. Paraît-il.

Seconde manière.
-La voir sous sa seule représentation. Dite « réelle ». Dans les terroirs les plus excentrés du pays, dans ces petites communes et ses territoires ruraux, ou ces non-lieux, hors-lieux, hors-monde, le spectacle de la France se diffuse par le biais de la télé. Ou entendu à la radio. Par ce prisme « on ne voit pas le visible on est spectateur du spectacle ». Ce spectacle reçu n’est-il pas la forme par laquelle beaucoup d’électeurs-spectateurs assez isolés sont amenés à prendre position ?

Assurément. Du coup, la peur. L’effroi bien entretenu par les médias. Ou le tournis avec ces infos qui vont qui viennent sans inspirer grand’chose. Maintenant débusquons. Qui, dans « ce qui se donne à être notre spectacle »…de la France à partir duquel l’électeur-spectateur est amené prendre position, le choisit, le produit, le réalise, le met en image et en propos ? A quel fin ?

J.P Dollé poursuivait : « Dans le capitalisme on ne voit jamais que le réel, et le réel est ainsi fait qu’il n’est jamais dans l’appréhension de ce qui peut être visible. Dans le capitalisme on voit de la catégorie qui est devenue réelle : on voit des quartiers de ville, la classe ouvrière, les paysans, etc., on voit toujours les classes, le spectacles des classes sociales, on voit le réel. Mais quand je dis, on voit le réel, on ne voit pas du tout le réel, justement on est dans le réel, on est pris dans ce réel, on est pensé dans ce réel, on est perçu par ce réel, on ne fait jamais que reproduire la pensée de cette pensée du réel, la représentation de cette représentation du réel, etc. »

Concluons ainsi que des deux manières les résultats de ce scrutin de premier tour n’en sont que l’expression. Sans vexer personne, j’ajoute, j’aurai tendance parfois en ce qui me concerne à ce que ma vision de la France pourrait s’apparenter assez à ce qu’en peint Degas de la femme. A ce que je vois. Tout un symbole. Je vérifierai.

D.D


Reader's opinions
  1. Françoise   On   25 avril 2012 at 19 h 05 min

    hé! ho! C’est quoi ce commissaire de l’exposition qui souligne « les positions disgracieuses » des femmes dans leurs activités quotidiennes intime (bain, coiffure, repos).Quelle vision du corps de la femme a-t-il encore celui-là? A quel dictat de la perfection est-il soumis? De quelle gâââce parle-t-il?
    Non mais.

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