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« Black is beautiful  » au Gwinzegal. N°1243

Écrit par sur 11 mars 2026

Voici une expo photo dont La Chronique d’ici-même ne pouvait ne pas en parler compte tenu des liens particuliers de Radio Univers aux sons, rythmes et langage libre de la musique noire américaine. Eu égard à la place majeure qu’elle tient dans sa programmation musicale en voyage depuis plus de quatre décennies dans l’univers du jazz.

« Black is beautiful » est à visiter, du 13 février eu 07 juin, au GwinZegal de Guingamp.

« Black is beautiful » depuis les sixties, quand les Black Panthers et nombre d’activistes des droits civiques américains clamaient : « Black is Beautiful », depuis le célébrissime « Say it loud, I’m black and I’m proud » de James Brown (« Dites-le fort, je suis noir et j’en suis fier ») – à voir ici-, à la chanson Four Women de Nina Simone, autre grande voix de la cause afro-américaine, – à voir là , aux écrits d’écrivains comme James Baldwin, jusqu’à l’esthétique propre à la communauté « de couleur », comme cela se disait à l’époque de la ségrégation, bref un paquet d’années sont passées.

Dès lors, si comme il est dit, on peut faire l’histoire d’à peu près tout, à condition qu’existent quelques témoignages, vestiges, documents, photos, films…, ce faisant, on peut être amené à penser en consultant ces documents d’archives que l’histoire en question n’a pas pris une ride. Qu’à bien des égards, elle contribue même à en soutenir et perpétuer la vitalité.

Car la richesse des archives de Kwamé Brathwaite (1938−2023) laisse entrevoir combien l’interminable combat pour l’égalité face à l’idéologie raciste, s’est mené fièrement. En résistant et tenant bon. Mais aussi en créant un espace de production artistique, musicale et photographique, ce photographe afro-américain engagé a eu un rôle clé dans la propagation de ce slogan en soutenant l’émergence d’une esthétique propre à la communauté « de couleur », comme cela se disait à l’époque de la ségrégation.

Pour contrer ainsi les préjugés racistes sur l’apparence physique et se ré-approprier le corps et son image, Brathwaite a eu l’idée anticipatrice, émancipatrice et à la marge, de fonder un mouvement artistique et culturel d’une singularité poétique s’affranchissant des canons occidentaux dominants. On ne se défrise plus, on célèbre sa peau et ses cheveux, on revendique son identité : celle du droit d’être soi, de célébrer sa différence, et d’en tirer fierté.

« Son. Musique. Blues. Justice. Liberté « , tel que Archie Shepp en parlait – à lire ici & là.

Mais voilà, dans le contexte actuel c’est terrible si l’on s’en remet, d’une part, à l’énorme influence humaniste à travers le monde qu’a eu et continue d’avoir cette Musique aux infinies variantes; et d’autre part, à la résurgence de la bête immonde avec sa propagande en ligne, à savoir le « discours de haine raciste » – lire ici– et la banalisation du suprémacisme blanc, ô combien aux affaires depuis la Trump’s america qui dispense nullement des vexations et humiliations réservées à quiconque n’a pas la peau blanche.

A l’envie de ramener l’histoire à une forme de présent, quitte à apparaître un peu ridé, reviennent en ma mémoire les concerts de Negro Spirituals, Gospel Songs, Chants du Mississipi (« old man river », etc.), ce genre musical de ralliement né au XIXe siècle parmi les esclaves des champs de coton, que nous écoutions, mon père et moi, à l’arrivée de la télé à la maison, au milieu des années 60. Moment qui sera plus tard, j’y pense maintenant, générateur de notre propre programmation radio.

D.D

Ce qui a été dit et écrit ici-même autour du racisme et de la Trump’s America. Ainsi qu’autour du Gwinzegal, du jazz et des festivals de photo.

 


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