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Devant notre rentrée 2026. N°1268

Écrit par sur 26 août 2026

Les effets contingents à ce réchauffement climatique, tels que – pour reprendre l’éditorial du Monde du 23/24.08 « Climat: la nécessité d’une parole politique « – « les milliards d’euros de dégâts climatiques attendus », « les 7000 morts en surnombre constatés mi-août », autant de faits qui donnent à dire au paléoclimatologie Jean Jouzel que tout relève d’un « problème éminemment politique ».

Sachant, d’autre part, que la vague de chaleur ne touche pas tout le monde de la même manière, et qu’elle révèle la nudité de l’appareil d’Etat. Ignorant pour l’heure, la totalité des forces qui sont en train de nous arriver.

Devant notre rentrée 2026, et quel que soit le bilan final de la canicule avec son défilé de crises – une crise politique, une crise climatique, une crise économique, une crise technologique-, ce qui se confirmerait-là c’est une bascule dans quelque chose de plus vaste : la transformation du monde lui-même ? Avec ce qui va avec : nos imaginaires.

Ainsi cette phrase qui nous informe, alerte : « Il faut faire le deuil du climat que l’on a connu quand on était enfants, adolescents, quand on a eu nos enfants », assure la climatolorogue Françoise Vimeux (France Inter, le 24.08). Retenons-la puisqu’elle renvoie à nos imaginaires.

Quoi que ambivalente car de ce mot « deuil », il serait bon de s’y méfier. C’est-à-dire d’être très attentif à la manière dont les mots peuvent déplacer notre perception. Dire « faire le deuil du climat » peut donner l’impression qu’il s’agit principalement d’un travail psychologique : accepter une perte, puis continuer à vivre.

Or le changement climatique n’est pas seulement quelque chose que nous avons perdu. C’est quelque chose qui continue d’advenir, qui transforme les paysages, les animaux, les corps, les façons d’habiter et les relations entre générations. Un rapport qui engage notre être tout entier et met à l’unisson notre état intérieur et ce qui nous entoure, et notre présence au monde concret. En fait, tout.

Tout, les choses, les gens, le flux d’air, les bruits, l’atmosphère brûlant, le son, les couleurs, les présences de la faune et de la flore, matérielles et minérales, les textures, les formes aussi. Celles des infrastructures, des formes de travail, des inégalités, des rapports de pouvoir, de l’énergie, de l’urbanisation et de l’accumulation du capital. Tout un phénomène biophysique et évènement social.

Donc deuil de quoi, exactement ? De corps et d’intériorité, de conscience. La phrase de la climatologue se poursuit « quand on était enfants, adolescents, quand on a eu nos enfants ». Par cet ajout, le « climat », mot générique ou abstraction scientifique, se présente ainsi comme une mémoire vécue.

C’est donc le deuil d’un monde sensible. Et dans le même temps, le deuil de l’illusion du monde-objet et du temps atmosphérique réduit à un simple bulletin météo du  « Fera-t-il beau demain? « .

Si le mot deuil s’attache principalement à la douleur, au processus psychologique consécutif à la mort d’un être cher, tout deuil nous confrontent à des vérités. Celles des remords, ne pas avoir su parler ou su entendre tant qu’il était encore temps. Voire d’être en dette. Celles de ce deuil-ci préconiseront-t-elles une posture d’attention comme à développer un savoir-faire perceptif ? Et la ré-intégration forcée dans le cycle vivant de la Terre et de l’air ?

D’une mémoire vécue à l’autre. A sept mois d’une élection présidentielle cruciale pour le pays, aujourd’hui où les notions d’habitabilité de la Terre sont en jeu, La Chronique d’ici-même rejoint ainsi la préconisation de l’anthropologue et soutien des Soulèvements de la terre, Philippe Descola, pour qui il faudrait aujourd’hui une politique véritablement visionnaire, « une révolution d’une ampleur comparable à celle du Conseil National de la Résistance », capable de proposer des mesures inédites et à la hauteur des enjeux écologiques.

D.D

Ce qui a été dit et écrit ici-même autour du Chaos climatique, du Versant animal & végétal, de lHabiter. Ainsi que de l’ attention, de Philippe Descola, des Soulèvements de la terre.

il préconise une posture d’attention et à développer un savoir-faire perceptif. Il recommande la ré-intégration forcée dans le cycle vivant de la Terre et de l’air.


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