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Au « jour J pour le Grand show céleste » N°1266

Écrit par sur 12 août 2026

L’ombre avance et la mer monte. Tout bouge et sommes assis. Une certaine lenteur apparaît dans ce déplacement de Lune, de droite vers la gauche. Et dans son exercice routinier, la vague renonce à monter plus haut, lentement, elle aussi. L’alignement Soleil-Terre-Lune apparaît éminemment intime. Puis la Lune glisse doucement vers sa gauche, tel un désir de disparaître.

Avec ces fameuses lunettes noires d’observation, nous nous efforçons d’être raccord avec l’image attendue, tel un rapport au temps qui passe. L’observation se fait par à-coups. Il y a en effet un point commun, une géométrie parfaite. L’éclipse est au rendez-vous et nous aussi. Elle relie, rassemble, rapproche. Elle est un point de rencontre potentiel.

Elle signifie ce qu’elle a à signifier, mais en même temps, elle s’adresse ou s’écoule en direction de l’origine de toute chose. Notre regard ému ne peut retenir le temps, l’ombre passe, elle laissera son empreinte en notre mémoire. Ce moment extraordinaire, peu spectaculaire en soi, nous invitait à glisser dans son regard pour partager son voyage intérieur.

D’où s’écrit La Chronique d’ici-même, sa position géographique est toute proche des herbus à la Chapelle SainteAnne de la vraie belle Baie du MontSaintMichel. La brise y est subtilement voluptueuse. Le ciel ne ménage pas ses effets imprévus. Et la Lune restera la principale responsable des marées, c’est dit. Et les spectateurs-vacanciers plieront leurs lunettes en carton, et quitteront la plage, c’est dit aussi.

Et nous marchons sur un sable chauffé au caniculaire, qui rappelle à notre « humanitude » notre interdépendance avec les milieux. Pleinement eux-mêmes, ici aux herbus bien heureusement préservés. L’évènement du cosmos marque hypothétiquement notre nouveau rapport au monde. Disons que nous pourrions tout à fait enfin l’espérer.

De la dépendance ordinairement invisible de la vie à la lumière, seuls les végétaux dotés de capteurs biologiques le perçoivent, et réagissent immédiatement à la chute brutale de la luminosité. Qui plus est quand elle est causée par une éclipse totale du soleil occasionnant l’arrêt de la photosynthèse. Je doute qu’ils prennent ce phénomène céleste quoiqu’éphémère pour un spectacle attractif. Plus probable qu’ils en retiennent quelques traces.

Et de ce passionnant phénomène s’installant tout seul en plein jour suivi d’un retour soudain du plein soleil, qui vient s’interposer au milieu d’une journée de canicule, c’est un choc sensoriel total sur nos corps poreux et vulnérables. Nous ne maîtrisons ni le soleil ni le flux atmosphérique. Et si cette fièvre humaine pour la fascination cosmique est indéniable, ça pèse bien peu quand sous ces fortes chaleurs caniculaires, tout le vivant est aux abois.

Alors, comme le titre ce jour Ouest-France en une  » Eclipse solaire: c’est le jour J pour le Grand show céleste », de tout cet intérêt qu’accordent les humains pour ce grand spectacle de l’astre éclipsé, se rendent dans le même temps brutalement visibles et non plus éclipsées, à la fois cette crise historique et politique de notre manière d’habiter la Terre qui traite le vivant comme un stock exploitable, et notre vulnérabilité terrienne.

D.D

Ce qui a été dit et écrit ici-même autour du Chaos climatique, du Versant animal & végétal, de lHabiter.

 


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