Capture d’écran 2018-09-11 à 18.45.09Ce livre « Comment notre monde est devenu cheap – Une histoire inquiète de l’humanité« , je l’avais déjà un peu présenté fin d’année dernière, en anticipant sur son hypothétique sortie française. Arguant du fait qu’il m’apparaissait important pour la vie culturelle en général. Bonne nouvelle, en cette rentrée le voici publié. Et donc ainsi présenté par les éditions Flammarion, en 4ème de couverture:

Capture d’écran 2018-09-11 à 12.12.14« «Cheap» ne veut pas simplement dire «bon marché». Rendre une chose «cheap» est une façon de donner une valeur marchande à tout, même à ce qui n’a pas de prix. Ainsi en va-t-il d’un simple nugget de poulet. On ne l’achète que 50 centimes, alors qu’une organisation phénoménale a permis sa production : des animaux, des plantes pour les nourrir, des financements, de l’énergie, des travailleurs mal payés…
Déjà, au XIVe siècle, la cité de Gênes, endettée auprès des banques, mettait en gage le Saint Graal. Christophe Colomb, découvrant l’Amérique, calculait ce que valent l’eau, les plantes, l’or… ou les Indiens. Au XIXe siècle, les colons britanniques interdisaient aux femmes de travailler pour les cantonner aux tâches domestiques gratuites. Jusqu’à la Grèce de 2015, qui remboursait ses dettes en soldant son système social et ses richesses naturelles.
Le capitalisme a façonné notre monde : son histoire, d’or et de sang, est faite de conquêtes, d’oppression et de résistances. En la retraçant sous l’angle inédit de la «cheapisation», Raj Patel et Jason W. Moore offrent une autre lecture du monde. De cette vision globale des crises et des luttes pourrait alors naître une ambition folle : celle d’un monde plus juste. »

Me contentant d’en signaler la parution, je suggère un retour au long entretien – à la traduction hâtive, à la va vite j’en conviens- que ses deux auteurs, Raj Patel et Jason W. Moore, avaient accordé à la revue new-yorkaise Dissent, à l’occasion de la sortie de l’édition américaine titrée A History of the World in Seven Cheap Things. – qui peut être traduit par « Une histoire du monde dans sept choses bon marché. »

Pour ces deux auteurs – Raj Patel est économiste et activiste, et Jason Moore, historien, défenseur du concept de « capitalocène », ils sont très connus dans le monde anglo-saxon-, les nuggets de poulet en disent beaucoup sur notre monde: ils nous amènent à commencer à comprendre le capitalisme non pas simplement comme un système économique de marchés et de production et comme un système social de classe et de culture, mais comme un moyen d’organiser la nature.

En faisant de celle-ci « quelque chose de « cheap », dans le double sens que peut avoir ce terme en anglais : ce qui est bon marché, mais aussi le verbe « cheapen » qui signifie rabaisser, déprécier, dégrader… » (J.W.Moore).

A lire ici.

D.D

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ruCe qui a été dit et écrit ici-même autour de la nature bon marché.