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Terre crue. N°909

Written by on 9 octobre 2019


Habiter le monde c’est participer aux processus de formation, participer à un monde d’énergies, de forces et de flux. »

Tim Ingold – Faire Anthropologie, archéologie, art et architecture.

Comme on s’en doute, vu le titre, je suis en train de parler d’habitat. En terre crue. Ceci à l’occasion des prochaines assises nationales de la construction en terre, qui se tiendront les 15 et 16 novembre, à Rennes, sur le thème du confort thermique. Lire ici.

Ces assises, destinées aux professionnels faut-il le préciser, réservent un tour d’horizon complet sur le sujet de « La terre et le confort thermique »: retour d’expériences, démarche qualité, essais d’optimisation, espace novateur en milieu rural, une école en terre, dynamiques associatives, terre et confort d’été, bauge porteuse, terre/chanvre, terre/lin.

Pourquoi en parler ici ? Parce que nous en sommes ici-même un peu pour quelque chose – disons même plus : pleinement dedans !-, dans cette continuité régionale d’un savoir-faire universel millénaire. Oh! Pas celle qui a cours de nos jours mais celle plus bâtisseuse, à la fois soucieuse du savoir-faire local et innovante en matière d’architecture, des années 1990 à 2000. Un travail de reconstitution, un pari osé.

Qui, alors, était celui de faire partager une vision sensible et contemporaine de la construction en terre crue et de cette matière première aux propriétés physiques étonnantes. Et qui, par ailleurs, constitue une ressource locale démocratique bien loin d’être négligeable. Je vous fais grâce de nos profondes réflexions d’alors, la curiosité nous avait préparé le terrain. Et sans être redevenu un primitif, je reste incollable sur ce sujet qui reste l’un des terreaux de mes souvenirs. D’où, grâce à ces assises, un temps retrouvé.

Durant celles-ci, cette période constructive fera l’objet, – et que ça soit en ouverture des assises, la chronologie est respectée – d’une conférence de l’architecte rennaise Rebecca Baudrier qui fait suite à l’étude – dont je m’honore à en être l’initiateur- qu’elle a effectué pour le compte de l’Etat sur le bâti terre réalisé en ces années, en Bretagne et sur le bassin rennais en particulier. Considérant qu’après 2000, l’élan constructif fut victime des coups de boutoir du capitalisme industriel et de ses mécanismes, technologie, normes et assurances, qui sont venus le torpiller.

Laissez-moi montrer en quoi porte son étude : sur un recensement des ouvrages construits en terre crue – pas loin d’une centaine- ainsi que d’un retour d’expérience dans lequel le témoignage des occupants sur le confort intérieur a été recueilli. Trente années après les premières constructions, il se prouve que nous n’étions pas dans l’erreur. Pas la peine d’aller se cacher derrière un tas de bois, bien au contraire au vu des conclusions de l’expertise technique en question.

Qui devrait suffire à ramener sur terre le monde de la construction embringué dans ce bazar du tout technologique à l’obsolescence programmée – lire ici la note de lecture du livre de Guillaume Pitron, La face cachée de la transition énergétique et numérique. Car que dire des nouveaux quartiers baptisés « verts » ou « green » , alors qu’ils sont construits en béton, climatisés, aux façades réfléchissantes qui démultiplient la chaleur solaire, avec sols en pierre et métal qui la stocke et engendre un effet d’îlots de chaleur désastreux qui aggrave les canicules ?

Rappelons qu’il s’agit dans notre cas d’architecture « vernaculaire », c’est-à-dire à la façon dont les habitants eux-mêmes pensent et comprennent leur territoire. Comme nous l’explique « l’architerre » Rebecca Baudrier. Entretien.

La situation critique dans laquelle se trouve la planète face à l’épuisement des ressources naturelles, n’est plus à démontrer – lire ici. C’est peu de dire qu’il convient d’imaginer vite la suite en préparant l’acte de bâtir différemment. Même si des bâtisseurs éclaireurs s’en sont souciés en Bretagne il y a trente ans déjà, il est plus que temps d’y repenser. Revenons sur terre, tout compte fait. Et revisitons ses potentialités en terme « d’énergies, de forces et de flux ». C’est triste, mais vrai – au fait, triste à quel point ? Ces assises le diront.

D.D

Ainsi que ce qui a été écrit et dit ici-même autour de l’habitat en terre, ici.


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