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« Avancée majeure »? N°555

Écrit par sur 21 novembre 2012

« Une avancée majeure pour la politique du ministère en faveur de l’accessibilité aux données culturelles en français » vient de déclarer notre ministre de la Culture à l’occasion de la signature d’un accord, semble-t-il important, avec Wikipedia.

En ce qui concerne l’univers numérique, pas la peine ici de sous-estimer son importance à l’avenir dans les constructions des consciences et la façon de saisir la « réalité ». Fouiller et récupérer, remettre ça en forme de données, internet est aussi une technologie redoutable, comme chacun sait mais qu’on oublie vite, dotée de moyens de traçabilité généralisée.

Et je parie que dans quelques courtes années, nous ne verrons plus d’étudiants chercheurs dans les bibliothèques universitaires épluchant fastidieusement les ouvrages dans ces grandes salles silencieuses. Les « experts » d’aujourd’hui brassent de l’internet, lancent des milliers de requêtes. Et les plus rapides d’entre eux ne passent déjà plus par la case écriture, mais par le dictaphone qui retranscrit en fichier texte prêt à éditer. Du coup, d’ici peu, ce que l’on trouvera en rayons ne sera qu’un re-machouilli d’éléments captés sur le réseau. A lire certaines publications récentes de « spécialistes », je crains que cela soit le cas déjà. A cela s’ajoute, et ce n’est pas le moindre, une terrible crise de l’éducation. Nationale, familiale, démocratique, etc. Or l’on sait, sans éducation nationale pas de République.

Seulement voilà, la sorte d’aide qu’apporte internet obstrue trop notre vigilance. D’où des questions citoyennes indispensables. Qui nous avaient échappé. Qu’est-ce que cet univers numérique au juste qui se substitue, chaque jour un peu plus, à la forme d’éducation commune encore partagée ? Celle-ci, une fois vidée de sa substance fédérative, que vaudra-t-elle? Attention, fragile. Alors de quoi peut-on se rendre compte avec ce que l’on a sous les yeux, d’emblée accessible à l’entendement quand on a l’esprit curieux et le souci des détails ?

1°) Partons des « bots ». Mais c’est quoi ça? Je vous invite à lire cette description époustouflante des bots. Un « bot informatique est un agent logiciel automatique ou semi-automatique qui interagit avec des serveurs informatiques. Un bot se connecte et interagit avec le serveur comme un programme client utilisé par un humain, d’où le terme « bot », qui est la contraction de « robot ».

« On les utilise (…) aussi pour simuler des réactions humaines, comme avec les bots de messagerie instantanée. » « Les bots sont souvent utilisés dans les sites de rencontres afin de simuler l’existence de vraies personnes sur ces sites. » Dans le domaine des jeux vidéo, un bot est un programme simulant un joueur humain. »

« Les agents logiciels sont la prochaine évolution au-delà des programmes. Ils offrent des possibilités de parallélisme et de collaboration interprogrammes. » En informatique et sciences de l’information, le parallélisme implique que plusieurs actions coordonnées sont effectuées en même temps . » « … comment dresser votre propre bot pour l’utiliser sur Wikipédia. » Lire ici « À l’instar d’un éditeur humain, un bot peut lire le contenu de Wikipédia, prendre des décisions en fonction du contenu et, le cas échéant, calculer les modifications puis modifier le contenu de Wikipédia » « Par exemple, un bot peut demander au serveur la liste des pages contenant un lien vers une page spécifique ([[Special:Whatlinkshere|liste des pages contenant un lien vers une page spécifique]]) par une requête de type « Je veux Special:Whatlinkshere/Nom ». Le bot agira ensuite en fonction du contenu HTML renvoyé par le serveur. »

Bien lu: « comment dresser votre propre bot pour l’utiliser sur Wikipédia »; le bot peut « prendre des décisions » ! On ne peut guère s’y prendre autrement pour attirer le curieux. A savoir qui est l’un et qui est l’autre? L’un, l’humain tout imprégné des « manettes » (au joystick : paraît que ça s’appelle comme ça); l’autre, le « bot » le vrai. Quand l’un et l’autre, et inversement, deviennent interchangeables, ce qui distingue l’un de l’autre aurait tendance à fondre au moindre bout de chandelle. D’autant que le mimétisme ça existe, il nous semble l’avoir senti, faute d’interlocuteur aimable.

Pas la peine ici de sous-estimer l’importance… Par exemple, revenons aux chercheurs. Peuvent avoir accès à toutes les connaissances à la vitesse de la lumière ! Requêtes sur internet. A la vitesse de la lumière, la réponse est donnée. « Génial ! ». Génial ? Est-ce si évident ? Dans son apparente simplicité, n’est-ce pas là la forme suprême d’un devenir inhumain ? D’une servitude complète à la technique et donc à M. Capital qui la porte. Soumise à l’arbitraire. A tout moment en servage. Peut être même concernant l’homme qu’un processus de réification est en cours.

Des bots indispensables. En plus. Puisque sans eux, au regard de leur fonction réelle dans le fonctionnement -ils mettent en forme-, il n’y a plus rien. Des millions d’entrées et une dépendance totale ! Perte absolue d’autonomie par rapport au robot ! L’inclinaison servile, le robot a les clés en poche. Hallucinant.

2°) Débouchons sur le reste. Voici donc ce vaste monde dans lequel il est fort à craindre que nous y laissions notre plus grosse part d’autonomie de tous les temps. D’où réification. S’attendre à un séisme. Déjà on peut le mesurer (voir faits divers). Au départ l’apparence d’un projet, à l’arrivée la réalité d’une cage de fer. Au profit d’un système économique complètement automatisé. Pas oublier: lui faire révérence. On ne sait jamais.

Tout ça m’a l’air de donner l’impression que ça (ro-)botise l’humanité et du coup la déstructure à grande échelle. Comme j’en présente le risque, d’aucuns appelleront ça de la parano. Hum ! avec le temps on oublie tout (dit la chanson)…jusqu’à la question du départ: qui a inventé Internet ? Allez! pour rire un peu, voici la réponse: la question faisait toujours débat, il y a seulement une quinzaine de jours, entre les deux camps aux Etats-Unis. Ainsi dans un de ses discours récents, Obama a affirmé qu’ »Internet n’a pas été inventé spontanément. La recherche publique l’a créé afin que les entreprises puissent l’utiliser pour faire des profits ». Une semaine plus tard, le camp adverse ripostait, soulignant le rôle joué par les entreprises privées, comme Xerox et Apple. L’un défendait le camp de l’Etat, l’autre du Capital. Mais aucun des deux n’a dit qu’en premier lieu l’invention visait à apporter plus de liberté à l’humanité.

Le brouillard se dissipe encore un peu plus à la lecture de cette autre description époustouflante du fondateur de la dite « Encyclopédie libre ». Son fondateur, qui est-il ? Son nom: Jimmy Wales. Sa bio: élève à la petite école privée de sa mère et grand-mère. Puis au collège et lycée privés. Ensuite des études universitaires d’économie et d’informatique. Les premières années de sa vie professionnelle ont été occupées à spéculer sur les « taux d’intérêts et les fluctuations de monnaies étrangères« . D’où une fortune ultra-rapide. Puis il a créé un site porno. Lucratif. Avec lequel il finance son premier site à vocation « encyclopédique ». Qui a foiré. Puis en y ajoutant le côté wiki il l’a relancé sous le nom qu’il a aujourd’hui. Avec le succès que l’on connaît. Qui repose sur « une centaine de personnes qui compte vraiment ». Toutes imprégnées de l’esprit du maître, c’est à craindre. Ceux-là même qui tirent les ficelles, domptent les bots, éduqueront les gamins par millions, orienteront la recherche.

Que pense cette personne, ce Wales en question? Qu’a-t-il comme vision? C’est un libertarien. Très puissants aux E.U, faut savoir que ce sont ces libertariens qui viennent d’investir internet. A la droite de la droite, leur but est connu: ils veulent la suppression des Etats ! Pas moins. Favorables à la privatisation de tout service public, ils prônent le chacun pour soi. En gros, le retour au Far-West. Le co-listier de Romney était leur représentant aux dernières présidentielles américaines.

Alors  » une avancée majeure etc  » ? … De mon crachin actuel, je reste dubitatif, s’pas.

D.D


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