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« La Syrie, un crime dans le flanc de l’humanité ». N°765

Écrit par sur 14 décembre 2016

syrie-urgences-conflit-mdmL’humanité semble s’être totalement effondrée à Alep».

Jens Laerke, porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’Onu. 2016

Précision utile : « … c’est contre une cité libérée de Daech depuis près de trois ans que le régime Assad, la Russie et l’Iran ont mené la campagne la plus meurtrière du conflit syrien. » (lire ici et ).

Décryptage. La crise syrienne se nourrit de plusieurs guerres : une guerre civile, un conflit régional entre mondes perse et arabe, entre sunnites et chiites, un face-à-face entre États-Unis et Russie aux allures de guerre froide. Mais aussi en sous-main du conflit, la Syrie se trouve au cœur des intérêts de deux États : le Qatar et l’Iran, la grande puissance régionale, autour du champ gazier le plus important du monde et les intérêts géostratégiques des pays du Golfe.

Du coup, vu le terrain de jeu des puissants, tout s’y déporte vers la Barbarie. Mais dans cette effroyable politique de nettoyage et stratégie de la terre brûlée, après Srebrenica et Grozny il y a un goût de revenez-y. Irréductible. Bombardements aériens des villes, des écoles, des hôpitaux, des civils, qu’est-ce sinon du terrorisme à grande échelle ?

Le neurologue, psychiatre, psychanalyste Boris Cyrulnick dans « Dialogue sur la nature humaine » (avec Edgar Morin) -Editions L’aube poche- dit « Je crois que s’il y a une seule vérité, elle ne peut pas être morale, au contraire elle est criminelle. Et que les grands crimes contre l’humanité ont été perpétrés au nom de la purification. « Il n’y a qu’une manière d’être homme biologiquement, au nom d’une seule théorie… il n’y a qu’une seule théorie, la mienne. » Tous les grands crimes contre l’humanité ont été commis au nom de la vérité. La seule, une seule vérité. » (p 67).

C’est justement contre quoi se sont soulevés les opposants non-violents dans toutes les villes de Syrie il y a cinq ans, contre l’un des régimes les plus autoritaires du Proche-Orient. Pour l’abrogation de l’état d’urgence en vigueur depuis 1963. Près de 5O ans de surveillance et de censure! Avec La vérité, la seule, une seule vérité, celle du despote syrien.

« … le pouvoir politique m’est accordé, je peux imposer ma vision du monde qui va détruire la société au nom d’une vision cohérente qui est la mienne » (p 66).

A Alep, ce qui se passe ? Ce n’est pas seulement la répression féroce d’une révolution commencée en 2011, c’est l’écrasement pur et simple d’une société humaine qui ne convient pas au régime.

Alep annonce ainsi la couleur : tout ce qui avait structuré l’imaginaire collectif depuis plusieurs décennies (le rôle de l’ONU, les Droits de l’Homme, le Tribunal pénal international pour juger des crimes contre l’humanité, etc.) est en train de basculer.

1400-300-rcr1Tentons de mettre de l’ordre dans le flot d’images qui nous parviennent de Syrie. Avec Fadwa Souleiman pour qui la Syrie est « un crime dans le flanc de l’humanité ». Actrice de théâtre, de cinéma et de séries télévisées, populaire en Syrie et dans les pays arabes limitrophes, parmi les rares actrices connues à soutenir dès mars 2011, la révolte populaire contre le régime. Elle participera aux manifestations, entre autres à Homs -et devra s’exiler en 2012 au Liban.

Réfugiée politique en France depuis mars 2012, Fadwa Souleiman est une alaouite née à Alep (deuxième ville de Syrie qui vient de subir les pires atrocités: l’usage de la terreur globale, la destruction totale par le bombardement massif et indiscriminé).

Figure de la non-violence et icône de la révolution syrienne de 2011-2012 , elle écrit pour continuer à agir et à vivre. Condamnée à mort par le régime, elle répond aux diverses invitations et sillonne la France pour témoigner.

C’est ainsi qu’elle était venue réciter, d’une voix chaude, un choix de poèmes tirés de son recueil « A la pleine lune » à Rennes, invitée par la librairie Planète Io.

Lecture à écouter ici.

Ainsi que dans le cadre de l’édition 2015 du Festival Déklamons qui s’était tenue au Triangle à Rennes. A écouter ci-dessous. 

Par la lecture de ses poèmes, Fadwa Souleiman nous alertait alors dans l’indifférence générale, sur les conséquences de cette guerre. Ainsi que sur ses vraies causes. Et quand des voix jaillissent des geôles et des ruines, pas des cimetières, dans l’incroyable fouillis de béton broyé sous le pilonnage aérien, la poésie permet parfois de les faire entendre. Respects.

D.D


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