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« Où en êtes-vous? » N°510

Écrit par sur 28 décembre 2011

Bon, eh bien merci. Merci d’être venu visiter ce site cette année. Et peut être aussi écouter notre radio.

Voilà, l’année se termine. D’une année à l’autre, il commence à faire chaud. La brume économique monte sacrément. On nous vole nos biens comme jamais, mais ce pays de nos jours aux petits pieds, pourtant d’heureuse et bonne souche, est demeuré fermé aux graines de lueurs Indignées. On n’entend rien. Tout le monde est couché?

Pas d’écho aux « Indignados« . Nous faudra-t-il revenir un jour aux sabots de bois? « Malheur! dis pas ça, tu vas faire grimper les cours. Hé! tu vas faire grimper! » entendra-t-on bientôt? Ou encore, autre formule. Moderne celle-ci observée lors d’un voyage en Roumanie dans l’immédiat après-Ceaucescu. Le nec plus ultra d’alors était pour les Roumains de se promener avec à la main son cabas plastic avec lequel les consommateurs occidentaux font leurs courses, et sur lequel est indiquée l’enseigne du super-marché. Grand chic. Sac de marque. Genre distingué. En deuxième main. Voilà, à défaut d’espoir, se rabattre sur son cabas? Voilà le vrai petit homme ouvert aux multiples attraits qu’il saura renouveler. Si ça vous tente. Ah! aussi, ça me revient. Vu sur place: bonne planque pour les bouteilles, ces grands cabas.

« Où en êtes-vous? La Liberté, le travail, la vie même sont en danger, mais que dit la bouche officielle à propos du chômage, de la violence, de l’énergie et des scandales? Elle ne produit que faux témoignages; ainsi notre langue est malade, et chacun de nous se trouve dépossédé dans son rapport avec les autres et avec les choses. Quand on vous fait un présent incroyable, c’est qu’on assassine déjà l’avenir.
Il n’y a pas de temps à perdre. Nous avons besoin de mots qui ne soient plus coupés du réel afin de comprendre la crise et de la dépasser. (…)
L’information dominante se comporte à travers tous les médias en séductrice. Nous ne voulons pas séduire; nous voulons seulement faire réfléchir, car celui qui réfléchit prend conscience, et dès lors peut décider en connaissance de cause. Il est suicidaire de compter sur les lendemains, tout se passe aujourd’hui même. Tout est pressant. » (Bernard Noël, L’Outrage aux mots).

Eh bien, en cette année 2011, ici, nous fumes sensibles à la lueur nue qui a consisté à conjuguer musiques et idées. Herbe nouvelle et rosée vivante. Puis bottelages parmi les mouettes et les lunes. Du foin par grappe après fauchaisons en approfondissant la question. Techniquement dans la réalisation et dans des entretiens de fin parler. Ombres fraîches. Buisson rafraîchissant. Et comme nous sommes ici installés à la campagne, disons que nous cultivons.

Nous nous cultivons nous-mêmes tout en le faisant partager à nos auditeurs et visiteurs. Allons-y appelons ça comme l’annonce Matthieu dans sa présentation de Logosphère, une université populaire sonore. Errante de nuage à nuage. Pour lui, le reportage, la rencontre et l’entretien enregistré tiennent plus de la pratique de la cueillette aux champignons que celle à l’odeur du foin des champs, mais les fougères qui t’environnent sont les mêmes.

2011 se termine. Et l’interrogation démonnaitarisée jamais posée ici pourrait être celle-ci si nous l’inventions: pourquoi donc d’année en année, nous n’en avons pas marre? Réponse: en se désaltérant d’épines et d’éclats, et de flaques bien sûr, nous n’avons jamais senti de découragement malgré les coups de Trafalgar au plus clair des orages.

Alors est-ce à voir avec ce que Godard, le cinéaste, considérait de la télévision? A savoir qu’elle n’est pas faite pour apprendre, mais qu’elle est faite pour donner des ordres. J’ajoute: et parfois au mortier lourd. Voilà, oui, avec de la joie, avec de l’esprit, avec de l’espièglerie peut être, eh bien, nous faisons l’inverse. Exactement l’inverse. Ne le dites à personne: c’est pour nous un plaisir énorme d’être contre.

Ou encore, est-ce à voir avec ce qu’écrivait Flaubert, un soir d’août 1853: « comme les moutons qui broutent le thym parmi les prés ont ensuite la chair plus savoureuse, quelque chose des saveurs de la nature doit pénétrer notre esprit s’il s’est bien roulé sur elle »? Voilà, exactement, dans cet autre cas, un plaisir énorme d’être pour.

Belle année 2012 à toutes et à tous!

D.D


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