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« Pourquoi regarder les animaux ? » N°942

Écrit par sur 27 mai 2020

Gardez ça pour vous, mais l’obligation de confinement pour cause de coronavirus m’a amené à la marche quotidienne par chemins et sentiers dans une bien belle campagne bocagère encore très boisée. Qui m’était inconnue jusqu’alors, bien qu’accessible rapidement à pied de la maison.

Une découverte printanière qui m’a donné un certain sentiment de liberté – pas réglo-réglo, puisqu’outrepassant la stricte injonction gouvernementale- grâce à ces petits champs, ces vieux chemins, ces gros arbres, l’herbe, le silence et ces chants d’oiseaux, les fleurs et l’eau qui coule, etc. Soit une bonne dose de nature à disposition. Pourquoi alors n’étais-je pas allé m’y promener plus tôt ?

N’y rencontrant âme qui vive, il m’est venu le goût de regarder pour toute présence animale, les vaches du seul troupeau du coin. Belles, paisibles, jouissant d’une large liberté en contexte naturel, propres. C’est ainsi que la rencontre avec leurs propriétaires, un couple de fermiers octogénaires de l’un des rares villages que je traverse, m’a procuré beaucoup de plaisir.

Plaisir partagé, « ça fait du bien de parler », m’ont-ils dit. « Et puis avec le silence de l’enfance qu’on retrouve, pas d’avion dans le ciel, pas de moteurs, et le coucou qu’on ré-entend ». Heureux quant à moi, dans ce calme momentané, de leur faire part que j’aimais m’attarder à regarder leurs vaches en train de paître. Ou mastiquer une cinquantaine de fois avant d’avaler à nouveau. Et à remarquer le soin qu’ils apportaient à chacune de leurs trente laitières.  » Nous sommes les derniers de la commune à avoir des vaches », m’ont-ils dit. Processus impitoyable.

Tous les ans toujours plus d’animaux s’en vont.

Après eux et leurs belles et douces vaches noires et blanches, paisibles et intelligentes qui se rendent elles-mêmes à leurs pâtures, aura disparu de ce coin du monde la relation depuis la nuit des temps, entre l’homme et l’animal. Cette relation qui ne réduit pas l’animal à l’état de bête avant d’en faire un simple produit de consommation. Une oeuvre de qualité fondamentalement ignorée, qui méritait bien d’être rappelée ici car elle n’est pas seulement un témoignage éloquent du passé.

Ce temps de confinement finement consacré à la force évocatrice de la figure animale et de la campagne non-remembrée si proche de chez soi, m’amène ainsi ce jour à un livre « Pourquoi regarder les animaux ? « , une série de récits de l’écrivain et critique d’art John Berger, un très beau texte sur le rapport que nous entretenons avec l’animal.

Pour toute présentation de ce petit livre épatant au format de poche, je renvoie vers des liens sur deux de ces différents récits. Des exceptions à la règle, puisque ces deux-ci ne parlent pas directement d’animaux. L’un, en bas de page, reprend le texte de l’auteur; l’autre, une vidéo qui ré-interprête un poème sur le thème du champ.

L’oiseau blanc, lire iciLe champ, voir .

D.D

Ce qui a été dit et écrit ici-même autour du versant animal & végétal. Ainsi qu’autour de John Berger.


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