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Ainsi s’ouvre le sommet (COP21). N°711

Written by on 25 novembre 2015


petrole2Alors que l’on s’apprête à reparler de CO2 et de changement climatique à l’occasion du sommet qui s’ouvre ce week-end sur «la question climatique» planétaire (COP21), la nouvelle s’abat comme un coup de fouet: selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), 2015 devrait être l’année la plus chaude jamais enregistrée.

Dit autrement, il y a bien une accélération du réchauffement depuis un quart de siècle. Du coup des terres disparaissent sous les eaux quand d’autres s’assèchent. Toute culture et toute alimentation deviennent alors impossibles. Ce qui oblige des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants à migrer sur d’autres territoires. Le réchauffement climatique présent est directement lié à la production et consommation d’énergie, notamment des énergies fossiles. Bref, les voyants sont au rouge.

D’où mon retour ce jour à un livre majeur qui raconte l’histoire politique et économique du XXe siècle à partir de ces énergies fossiles. Dans Carbon democracy – terme forgé par son auteur pour définir le pouvoir à l’ère du pétrole désignant la stratégie visant à la préservation de la sécurité du ravitaillement énergétique par une alliance avec les producteurs de pétrole, indépendamment de leur régime politique- l’historien, politiste et anthropologue britannique Timothy Mitchell, l’une des grandes figures des études post-coloniales américaines, démontre l’importance des hydrocarbures dans les destins politiques et géopolitiques.

Il fait du pétrole un acteur politique central qui a fabriqué notre démocratie occidentale et notre conception du rôle de l’économie. Ainsi s’est-il attaché dans son livre à analyser aussi le rôle des énergies fossiles dans la crise financière de 2008.

l-explosion-d-un-oleoduc-aEt si besoin est, il nous rappelle indirectement combien la COP 21 est traversée par des enjeux de pouvoir : 150 chefs d’État s’y réuniront de concert avec des chefs d’entreprise afin d’abord de réorganiser le «marché du carbone».

Car aucun secteur des sociétés modernes n’échappe à l’emprise des énergies fossiles (charbon, pétrole), y compris les institutions démocratiques qui s’y sont développées.

Pour Timothy Mitchell, qui repense l’histoire de l’énergie, la politique de la nature, la théorie de la démocratie, et la place du Moyen-Orient dans notre monde commun :  » Le pétrole, c’est mauvais pour la démocratie. Les pays pétroliers ont tendance à être moins démocratiques que les autres, les multinationales du pétrole engrangent des profits qui alimentent la corruption politique, le pétrole apporte aux gouvernements bénéficiaires une énorme puissance qui les coupe de leurs peuples ».

 » Pendant presque un siècle, le pétrole a fourni une énergie abondante et bon marché: pour les économistes, il n’y avait plus de raison de se soucier de l’épuisement des ressources ni des dommages pour l’environnement. C’est à ce moment-là, dans les années 1930-1940, que la science économique s’est organisée autour de l’étude des prix et des flux monétaires, et non plus des ressources naturelles et des flux d’énergie.

futur-oleoducPrise dans ce nouveau sens, l’économie d’un pays est devenue un objet abstrait, susceptible de grossir indéfiniment, sans aucun lien avec les ressources naturelles. Or la principale d’entre elles, l’énergie fossile, ne vient pas de nulle part. Juste un chiffre : pour produire les carburants fossiles que nous consommons en une seule année, il a fallu la matière organique produite par les plantes et les animaux sur l’ensemble de la Terre pendant quatre cents ans. »

Or le concret a des limites. Le capital a besoin de ces conditions de production, mais ne peut faire autrement que de les épuiser. Avec les conséquences que l’on connaît: catastrophes écologiques, accidents nucléaires, destruction de la biodiversité, bombe démographique, épuisement des ressources naturelles, des gisements carbonés…. . Dans cette configuration, l’Etat moderne joue le rôle d’interface entre le capital et la nature.

Alors qu’apprendra-t-on de la COP 21, « plus grand événement diplomatique de l’histoire de France » ? Si l’on attend d’elle comment sauver l’humanité des périls écologiques, hum!… Gare aux désillusions. Mais à coup sûr ça dévoilera comment les gouvernements des « pétrocraties » préservent les intérêts et les profits de certains agents économiques -voire rapport entre les attentats du 13 novembre 2015 et la tenue de la COP 21- ou refusent de fait de penser les conséquences à moyen terme de l’extraction des énergies fossiles.

« La possibilité d’un avenir plus démocratique dépend des outils politiques que nous développerons pour affronter la fin de l’ère des combustibles fossiles », estime Timothy Mitchell dans son autre livre Petrocratia, la démocratie à l’âge du carbone.

D.D

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