Capture d’écran 2018-01-23 à 21.06.45Avec une moyenne de trois billets par an et par personne, la sortie au cinéma est la pratique culturelle la plus largement partagée par les Français.

C’est du moins ce qu’annonçait à la date de sa parution (2005), ce livre vite vu hier entre deux rayons «Cinéma» de la médiathèque municipale, Sociologie du cinéma et de ses publics d’Emmanuel Ethis. Celui-ci propose une histoire et un état des lieux du rapport des Français au cinéma.

Ainsi, écrit-il, que le temps du cinéma ne correspond pas à la seule durée de la projection. Il est lié, en amont, aux discussions qui ont lieu pour choisir le film à voir (jusqu’à l’interaction parfois décisive avec l’agent de caisse) et, en aval, à l’ensemble des échanges interpersonnels qui portent sur le film vu (jugement de valeur, expression d’un point de vue, argumentation plus ou moins contradictoire).

Il est le lieu de l’affirmation de soi, de la réaffirmation de son appartenance à un groupe ou à une identité, et celui de la rencontre avec l’autre. Le cinéma est aussi considéré comme étant le « lieu de sociabilités amicales, voire amoureuses » par excellence (p. 32).

Il est enfin une instance de validation de la légitimité culturelle d’une pratique qui demeure sinon, parfois, méprisée (p. 45). En somme, comme l’annonce l’auteur au début de sa conclusion: « Faire de la sociologie des publics de cinéma, c’est s’interroger sur ce que font les spectateurs de cinéma avec le cinéma » (p. 115).

Puis il résume son étude ainsi: la culture cinématographique des Français est principalement perçue comme correspondant à la somme des souvenirs accumulés et des discussions à la suite du visionnement en salle.

Bien lu «… en salle ». Avec ces « souvenirs accumulés » d’échanges, de prévenances, d’approches amoureuses… Une allure, un regard, quand on baisse les yeux, relève la tête, un charme, une impatience ou une curiosité, un trac ou une joie, bref, allez savoir tout ce qu’il s’y passe… en salle! Du coup, si le livre porte sur la sociologie des publics de cinéma, ce qu’il n’omet pas de mentionner en début de son propos (p. 28), apparaît assez nettement conditionner le reste, ce hors-champ – hop, allons-y pour l’expression. A savoir quelque chose de conséquent: « L’histoire sociale du cinéma et de ses publics est inséparable de l’histoire de la construction, de la transformation, du déplacement ou de la disparition de ses salles. »

Propos pas anodins que confirmeraient sans hésitation les deux animatrices du réseau CinéMA35, ce réseau départemental de soutien aux salles de cinémas associatifs d’Ille et Vilaine, qu’Eléoan David, pour Radio Univers, est allé rencontrer.

A écouter ici:

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D.D

ruCe qui a été dit et écrit ici-même autour du cinéma vu en petites salles associatives: « Djam« , « Paterson, film qui ré-enchante le monde« , « Moi, Daniel Blake« , « Les Merveilles« , « Jimmy’s hall« , « Les chèvres de ma mère« .