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« Si la poésie existe, elle est partout… » chez Fleuves. N°1250 bis

Écrit par sur 29 avril 2026

« La vraie poésie, c’est celle qui en a perdu tous les signes distinctifs. Si la poésie existe, elle est partout sauf dans la poésie. Tout comme le nom du Dieu était jadis dispersé dans le poème, selon la règle anagrammatique, aujourd’hui c’est le poème lui-même qui est dispersé dans les formes profanes. Même chose pour le théâtre : le théâtre est aujourd’hui partout sauf dans le théâtre. Le vrai théâtre est ailleurs. »

Jean Baudrillard – Cool memories II -1987-1990.

Ce dont parle Baudrillard, ce penseur inclassable, se retrouve intégralement dit, sans en faire des caisses, dans ce rendez-vous poétique quotidien à 11h à l’antenne de Radio Univers.

Sans aller jusqu’à la ressemblance mais d’une intention si proche de celle-ci : « De la renaissance de l’esprit de fiction chez tout le monde à une manière de fictionner sa vie, un réveil du poème en soi. » comme l’annonçait Michel Le Bris de la forme romantique. Dans laquelle les écrivains romantiques d’autrefois avaient placé le Fest-noz en le qualifiant de « poésie du peuple « .

Comment dès lors ne pas voir de la poésie, déjà loin de passer inaperçue, chez Fleuves ? Ce trio qu’on ne présente ici presque plus, et dont le nom porte en lui un indice annonciateur puisqu’il provient il y a plus de dix ans « de l’idée du pas de côté, d’avoir quelque chose d’un peu poétique, avec cette idée du flux qui peut rejoindre le mouvement des danseurs, aussi. » selon la définition qu’en donne Sanson Dayou, le bassiste du groupe.

Tant est si bien que « La vraie poésie «  façon Baudrillard cadre impec chez les Fleuves. Puisqu’avec eux c’est une affaire de souffle, de contacts physiques et d’une manière de scander par les pas et les gestes des danseur.eu.s.es. Elle ne se lit pas, elle ne se dit pas, elle se ressent. Elle tisse des liens dans le mouvement, les figures de la danse, et ce que leurs morceaux fortement ancrés un pied dans le passé, un pied dans le futur, suggèrent comme images. Et pas qu’un peu : par le timbre de la clarinette qui raconte et dialogue, les nappes mélodiques douces du Fender Rhodes et la basse qui pose ses grooves répétitifs. Pour aboutir à la transe, fondamentale chez eux, qui n’est rien d’autre qu’une poésie hypnotique où rythmicités et émotions invitent à l’imaginaire.

Outre ces descriptions lyriques, si ça vous tente, La Chronique d’ici-même suggère un documentaire autour de ces « musiciens discrets », programmé récemment sur FR3 Bretagne, Le GrandBHart. Un 51′ consacré à « Fleuves, trois sonneurs au sommet », à voir en replay et streaming sur la plateforme France TV,  ici ou FranceInfo, là.

D.D

Ce qui a été dit et écrit ici-même autour de Fleuves.

 

 


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