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Victoire des Sioux d’ici. N°984

Écrit par sur 17 mars 2021

Bien sûr toute proportion gardée, ça ressemble un peu quelque part à une Victoire des Sioux d’ici face à un projet qui menaçait nos terres. En effet, le projet d’unité de méthanisation du Pont Saint-Martin en Combourg (35) est abandonné (installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE) et Permis de construire) – voir explications et rappels des faits plus bas.

Ainsi ce Collectif des gens des villages environnants – de peu d’intérêt aux yeux des édiles locales-, auquel je m’honorais de participer vient de remporter une grande victoire. Il peut s’en féliciter car il a réussi à bloquer un projet de 5 millions et demi d’euros (chiffrage sous-évalué) qui menaçait un site culturel ancestral, une connexion écologique et la zone communale de captage en eau potable.

 

 

À la bonne heure ! Pendant le confinement et la distanciation sociale, c’est une victoire de taille dans la lutte contre la méthanisation industrielle, une victoire qui en appelle d’autres face à des projets productivistes du même acabit en Bretagne et ailleurs. Chose étrange voyez-vous, au départ il y a une idée, j’entends une idée-principe: ne pas être dupes des déclarations fallacieuses, de ladite compétence du bureau d’étude technique, et du camouflage du coût environnemental et social.

L’obligation de rester confinés chez soi prenait un sens positif: la détermination du mouvement local d’opposition. Qui a eu raison de ce projet que rien ne pouvait faire obstacle était-il dit, et ce malgré les nombreux coups de pouce légaux, la tambouille d’élus locaux qui ne trompent personne, et les règlements de compte qui est un trait essentiel de la médiocrité.

Pour venir à bout, juste de l’humain. Chacun.e a beaucoup appris des réglementations complexes comme des aspects hautement techniques et juridiques, ainsi que des méandres de l’administration qui est un pré carré réservé à une poignée de spécialistes. Puis la diversité des tactiques d’opposition, l’appréciation opportune des moments, le solide travail de dépiautage du projet dont on sait à l’expérience qu’il n’est effectivement mené dorénavant que par les collectifs locaux, et nos mots déjouant la com, ont été cruciaux.

Les mots ne sont pas des ombres auxquelles s’oppose la réalité solide des choses. Ils sont eux-mêmes des réalités dont l’action construit ou subvertit un ordre du monde. »
Jacques Rancière, philosophe – Les mots et les torts.

Tirée de ce moment, il y a une expérience. Et une créativité. Lesquelles tracent un sillon. A partir duquel tout laisse penser à la nécessité d’une opposition frontale et multiple à la réalisation de tels projets, car les lois de protection de l’environnement s’avèrent largement insuffisantes pour assurer la préservation des espaces et des êtres vivants face à des intérêts politiques et économiques. Telles quelles, ces lois accompagnent un désastre que nous ne voulons ni négocier, ni gérer.

Avec l’assurance d’être à la bonne place, nous continuerons aussi, cela va sans dire, à suivre de près le devenir du Corridor écologique régional n°16.

Explications et rappel des faits:

  • « Ce collectif auquel je m’honore de participer », à lire ici
  • « Sans concertation », à lire ici.
  • « Pollution de l’Aulne à l’ammoniaque et méthaniseur », à lire ici.
  • « CH4 », à lire ici.
  • « Mais qu’est devenu le Corridor », à lire ici.

D.D

 


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